
EDITION
SPECIALE 15
septembre 2003
La rédaction de PACA INFORMATIONS
ÉCONOMIQUES parraine le journaliste cubain
Ricardo González dans le cadre
de l'action de l'association "reporters sans
frontières" pour défendre la liberté
de la presse sur le plan international . Si vous souhaitez
aider Ricardo González rejoignez-nous , transmettez
nous toute aide ou propositions constructives à
redaction@pacainfoeco.com
et nous ferons suivre . Merci pour lui et pour
la défense de la liberté de la presse.
Michel
HUGUES - directeur des rédactions paca
informations économiques ; Provence
magazine, auto magazine -

le 9.12.2004 Ricardo
González transféré à La
Havane
Nous venons d'avoir des nouvelles de Ricardo Gonzalez
par sa femme, Alida Viso Bello. Il a été
transféré le 7
décembre dernier de la prison d'Agüica
(province de Matanzas, Centre-Ouest) à
l'hôpital de la prison de Combinado del Este
pour y subir des examens médicaux. Depuis le
26 novembre dernier, les autorités cubaines
ont transféré l'ensemble des dissidents
arrêtés en mars 2003 dans cet hôpital.
Sept d'entre eux, dont le journaliste et poète
Raúl Rivero, ont été libérés.
La plupart des autres ont été renvoyés
dans leur prison d'origine ou subissent toujours des
examens médicaux. Alida Viso Bello ignore
si son mari va être libéré.
Ricardo
González, un journaliste au dynamisme dérangeant
En
lançant le bimestriel De Cuba. C'est
la première fois que des journalistes indépendants,
jusqu'alors réduits à envoyer leurs
articles à l'étranger, tentent de rompre
le monopole de l'information imposé aux Cubains
par le Parti communiste. C'est plus que ne pouvait
tolérer Fidel Castro. Ricardo González
est jugé le 4 avril 2003 avec Raúl Rivero
et condamné à 20 ans de prison pour
"atteinte à l'indépendance et à
l'intégrité de l'Etat". Fin avril,
Ricardo González est transféré
à la prison "Kilo 8" de Camagüey,
à plus de 500 kilomètres de La Havane.
Bien que placé en détention de "haute
rigueur", il ne se plaint pas. "Ils
m'ont emprisonné avec mon optimisme",
a-t-il confié à sa femme, Alida Vizo
Bello, également journaliste. Un optimisme
que l'on espère à l'épreuve du
temps et de conditions de détention déplorables.
Vingt ans, c'est long!
Le
18 mars 2003, Ricardo González, 52 ans,
est l'un des premiers journalistes indépendants
arrêté à son domicile. Ancien
scénariste à la télévision
officielle cubaine, il est, depuis 1995, l'un
des membres de la presse indépendante les plus
dynamiques. Correspondant de Reporters sans frontières
à La Havane depuis 1998, il informe chaque
semaine l'organisation sur les atteintes à
la liberté de la presse dans l'île.
En
mai 2001, avec son ami Raúl Rivero, il crée
la Société Manuel Márquez Sterling
pour former les journalistes indépendants,
souvent autodidactes. En décembre 2002, il
franchit définitivement la "ligne rouge"

Fiche
du Prisonnier Ricardo González Alfonso
Libération
prévue en 2023
Profession
:
Directeur de la société Manuel
Márquez Sterling, directeur du bimestriel
De Cuba, correspondant de Reporters sans
frontières.
Date
d'arrestation :
Le 18 mars 2003.
Condamnation
:
Ricardo González a été condamné
le 4 avril 2003 à 20 ans de prison par le
Tribunal municipal du district du 10 Octobre, à
La Havane. Une peine à perpétuité
avait été requise.
Motifs
:
Le journaliste a été condamné
en vertu de l'article 91 du code pénal selon
lequel tout individu agissant "pour l'intérêt
d'un Etat étranger, au détriment de
l'indépendance de l'Etat cubain ou de son
intégrité territoriale, est passible
d'une peine de 10 à 20 ans de prison ou bien
de la peine de mort". En vertu de l'article
53, plusieurs circonstances aggravantes ont été
retenues contre lui :
Avoir agi dans un groupe constitué
de trois personnes ou plus ;
Avoir agi dans un but lucratif, ou pour tout
autre motif vil ou futile ;
Les conséquences graves du délit
dont il s'est rendu coupable ;
Avoir commis un délit après
un avertissement officiel dispensé par l'autorité
compétente.
A charge, l'accusation a également souligné
"la dangerosité sociale des faits [imputés]
et les mobiles de l'accusé, c'est-à-dire
la soif d'argent et la vie facile". Ricardo
González est accusé d'être "salarié
des Etats-Unis".
Lieux
de détention :
Il est incarcéré fin avril dans la
prison de "Kilo 8", à Camagüey,
à 530 km de la capitale où
habite sa femme, AlidaViso Bello.
Conditions
de détention :
Ricardo González est placé en détention
de haute rigueur. Il se trouve actuellement
seul dans une cellule en attendant son transfert
parmi des prisonniers de droit commun. Selon
son épouse, il a un bon moral, même
s'il souffre d'allergies en raison des changements
de température et des conditions d'hygiènes
déplorables. Le journaliste ne se plaint
pas : "Ils m'ont emprisonné avec mon
optimisme", confie-t-il à sa femme,
Alida Viso Bello, en juin 2003.
Circonstances
de l'arrestation :
Ricardo González a été arrêté
le 18 mars 2003. Son domicile a été
perquisitionné. Pas moins de dix policiers
ont fouillé sa maison pendant onze heures.
L'acte d'accusation recense les objets qui ont
été saisis, la plupart servant à
la réalisation de la revue bimestrielle De
Cuba : un fax et un téléphone Panasonic,
un magnétophone, des machines à écrire,
deux postes de radio, une caméra, deux ordinateurs
dont un portable, un scanner, un appareil photo,
une imprimante, plusieurs CD-ROM, des cassettes
audio et vidéo, des livres et de nombreux
documents contenant des informations qualifiées
de subversives, des agendas avec les contacts
du journaliste.
Procès
:
Ricardo González est jugé avec
Raúl Rivero, le 4 avril, à La Havane,
au cours d'une audience unique. Les journalistes
étrangers et les diplomates n'ont pas été
admis dans la salle d'audience. Seules Alida
Viso Bello, épouse de Ricardo González,
et Blanca Reyes, épouse de Raúl Rivero,
ont été acceptées.
Ricardo González est accusé d'être
un "agent" travaillant pour la Section
des intérêts des Etats-Unis à
La Havane. Au cours de l'audience, il lui
est reproché d'écrire "contre
le gouvernement", d'avoir rencontré
James Cason, le responsable de la Section des intérêts
américains à La Havane, et d'avoir
organisé des réunions subversives
à son domicile.
Cinq témoins ont été cités
par l'accusation. Deux d'entre eux, connus pour
être d'éminents journalistes indépendants,
ont révélé être en réalité
des agents de la sécurité d'Etat infiltrés
dans la dissidence. Il s'agit de Manuel David Orrio,
jusqu'alors directeur de l'agence Cooperativa de
Periodistas Independientes (Coopérative des
journalistes indépendants, CPI), et Néstor
Baguer, directeur de la Asociación de Periodistas
Independientes de Cuba (Association des journalistes
indépendants de Cuba, APIC) pendant plus
de dix ans. Néstor Baguer collaborait également
à la revue De Cuba, dirigée par Ricardo
González. Le premier a accusé le journaliste
d'être payé par les Etats-Unis. Trois
voisins ont également témoigné,
accusant Ricardo González d'avoir organisé
chez lui des réunions subversives.
Il lui est reproché d'avoir publié
des articles "tendancieux" dans la revue
trimestrielle Encuentro de la culture cubana,
publiée en Espagne et dans le quotidien Nuevo
Herald, publié en Floride. La première
a été qualifiée par l'accusation
de revue "financée par les Etats-Unis"
et le second d'être "anticubain".
Il a également été reproché
à Ricardo González de collaborer à
Reporters sans frontières "une agence
de presse française à visées
subversives", ainsi qu'à la Fondation
hispano-cubaine basée à Madrid et
à la Fundación National Cubano-Americana,
toutes deux qualifiées de "terroristes".
Le tribunal conclut que "si les sanctions [prononcées
contre Ricardo González Alfonso et Raúl
Rivero] sont sévères, elles sont proportionnelles
à la gravité des faits jugés,
étant donné la dangerosité
que représente la conduite" des deux
journalistes. La juridiction insiste sur le "caractère
exemplaire" des peines, la nécessité
"d'une véritable rééducation"
des accusés et le besoin de dissuader "ceux
qui prétendent imiter leurs agissements".
Situation
de famille :
Ricardo González est marié à
Alida Viso Bello, également journaliste indépendante.
Il est le père de deux enfants issus d'un
premier mariage. Jusqu'à son arrestation,
il vivait sous le même toit avec sa première
femme, adepte du régime, et Alida. Depuis
son incarcération, cette dernière
a été contrainte de trouver un autre
domicile.
Ricardo
González Alfonso
Date
et lieu de naissance :
1950.
Biographie
:
Ancien journaliste de la télévision
officielle, où il s'occupait des émissions
pour enfants, Ricardo González rejoint
en 1995 l'agence indépendante Habana Press.
Correspondant de Reporters sans frontières
à La Havane depuis 1998, il informe chaque
semaine l'organisation sur les atteintes à
la liberté de la presse dans l'île.
Il fonde en mai 2001 la société Manuel
Márquez Sterling avec son ami Raúl Rivero
pour former les journalistes indépendants,
souvent autodidactes. Cette démarche prend
le contre-pied des autorités qui s'évertuent
à les discréditer en répétant
que ces journalistes "n'ont pas de diplômes".
En décembre 2002, il se lance avec ses collègues
dans la publication du bimensuel De Cuba. La revue
aborde des sujets ignorés par la presse officielle,
tels que le racisme à Cuba ou le projet Varela,
une campagne ayant recueilli plus de 11 000 signatures
sur l'île pour réclamer des changements
démocratiques par la voie constitutionnelle.
Tiré à 250 exemplaires, le premier
numéro est distribué dans le réseau
de librairies indépendantes qui ont surgi dans
l'île. C'est la première fois que
des journalistes indépendants, jusqu'alors
réduits à envoyer leurs articles à
l'étranger, tentent de rompre le monopole de
l'information imposé aux Cubains par le
Parti communiste.
Parrains
:
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différents mensuels
- 2200 abonnés
- Classé 34 éme site
web de l'économie de toute la francophonie
sur 159 000 sites inscrits par Hit
parade et weborama au 30 septembre
2004 - éditeur Michel HUGUES -
Actions
Reporters sans frontières :
- 4 avril 2003 : occupation de l'office du
tourisme de Cuba à Paris pour réclamer
la libération des 30 journalistes détenus
sur l'île.
- 24 avril 2003 : fermeture symbolique de
l'ambassade de Cuba à Paris avec des
chaînes. Des militants de Reporters
sans frontières, qui s'étaient
attachés avec des menottes aux grilles
de l'ambassade, sont violemment frappés
par les nervis du siège diplomatique.
- Création d'une page web consacrée
à Cuba.
- Campagne de sensibilisation pour dénoncer
les incarcérations.
Actions
des autres organisations :
- Amnesty international (AI) : prisonnier
d'opinion.

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Pour
connaître le point de vue de RSF sur
la presse à Cuba : cliquez ci-dessous

Contacts :
Pour toute information complémentaire,
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avec le responsable Amériques
de RSF , Régis Bourgeat : 01 44
83 84 68.
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la défendre"


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