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Domination, Contestation, Mondialisation
Que sont les Héritiers de " mai 68 " devenus,
alors que leurs enfants leur intentent un procès ouvert ? Mercredi
24 novembre 04 ...
Si
l'on y réfléchit bien toutes les actuelles nouvelles générations
ou à venir, françaises ou étrangères, aimeraient bien
se déclarer " héritières de Mai 68 " : farce, esprit
de révolution, affrontements publics, contestations permanente, occupations,
destructions, reconnaissances et acquisitions de lutte, changements opérants
mais surtout
violence affichée
mais amour réclamé
!
Exit
les 30 glorieuses depuis bien longtemps ! les nenettes qui offraient aux regards
médusés des CRS leurs tendres poitrines dénudées pour
la première fois au sommet des barricades sont en général
devenues de jolies, tendres et jeunes mamies très respectables allant quotidiennement
chercher leurs petits enfants dans les cours des écoles privées
BCBG. Les étudiants chevelus et barbus chantres de la " provoc "
sont quant à eux en voie de gonfler les rangs très prochains du
" papy boum à venir ", se baladent cheveux courts et attachee
cases gonflés dans leurs grosses autos aux portes de leurs Pme, tout en
regrettant le temps de la drague à tout va
quoiqu' avec internet,
ils comptent bien se rattraper actuellement, les néo-papys ! .
pour
les jeunes d'en bas demeurerait le "no future" et pour les jeunes d'en
haut, le "no usure" ! ...
Cependant
leurs enfants se feraient de plus en plus critiques voire sévères
envers eux en raison de cette crise généralisée qui n'en
finit plus de pénaliser les uns et les autres ! Aussi ces enfants-là
(oui, environ la trentaine ! ont pour attitude généralisée
de chercher des coupables mais pas de se rebeller et d'agir) trahissant ainsi
une forte connotation de malaise existentiel qui verse parfois dans le ressentiment
sans pour autant comprendre ce qui s'est passé depuis plus de trente ans.
La posture de la victime fait désormais partie du nouvel air du temps
" mondialisé ". En fait pour les jeunes d'en bas demeurerait
le " no future " et pour les jeunes d'en haut, le " no usure "
! C'est parce qu'il n'y aurait plus de choix possibles, plus d'alternatives à
choisir entre wall street, la star ac et le " people fashion " que petit
à petit tous glisseraient vers l' "ego-nombrilisme" : Une double
question demeure pourtant :
Y
a-t-il un modèle dominant autre que le dollar ? Si la réponse
est non pourquoi n'y a-t-il plus alors de révolte aujourd'hui alors qu'en
68 tous gueulaient contre l'égémonie américaine ? C'est peut
être chez les sociologues et les philosophes que l'on pourrait commencer
à établir une réponse :
Dans
les " héritiers, les étudiants, la culture " écrit
pourtant en 1964 qui fit sa réputation internationale, le sociologue
Pierre BOURDIEU disparu récemment écrivit : "
Les différentes formes de domination doivent être reconnues comme
légitimes pour durer ! " Alors que pour Jean-Pierre
Le Goff, sociologue, auteur de Mai 68, l'héritage impossible
(La Découverte) né en 1949 " L'état révolté
d'une partie des trentenaires contre leurs pères soixante-huitards n'est
pas une simple affaire de lutte pour occuper les places. Les différences
de situation économique et sociale entre les générations
cohabitant actuellement n'expliquent pas tout
il s'agit en fait d'une nouvelle
perception de culture " .
Nous
nous trouvons alors face à la notion de culture qui ne passe pas pour être
un matériel nécessaire à la mondialisation : pourtant,
Quand et qui a écrit ? :
"
Je conçois, dans l'espèce humaine, deux sortes d'inégalités
: l'une, que j'appelle naturelle ou physique, parce qu'elle est établie
par la nature, et qui consiste dans la différence des âges, de la
santé, des forces du corps et des qualités de l'esprit ou de l'âme
; l'autre, qu'on peut appeler inégalité morale ou politique, parce
qu'elle dépend d'une sorte de convention, et qu'elle est établie,
ou du moins autorisée par le consentement des hommes. Celle-ci consiste
dans les différents privilèges dont quelques-uns jouissent au préjudice
des autres, comme d'être plus riches, plus honorés, plus puissants
qu'eux, ou même de s'en faire obéir. " C'est Jean
Jacques Rousseau dès 1755
curieuse histoire répétitive,
curieux hommes qui sont en permanence persuadés d'être réellement
seuls en train de changer le monde !
De
même c'est dans" La distinction" , que Bourdieu
montre la valorisation croissante de la " culture générale
" (celle que justement l'école n'enseigne pas, cette disposition
cultivée qui relève de la transmission familiale) au fur et à
mesure qu'on s'élève dans le cursus scolaire, le diplôme évaluant
donc bien un capital culturel hérité pour le sociologue de gauche.
La
révolution culturelle serait donc toujours à ré-inventer
mais plus personne ne veut se bouger
il parait que nous sommes trop sur
cette terre et ce pourquoi seraient de plus en plus nombreux ceux qui pensent
que c'est au voisin de se bouger ! la seule différence pour nos enfants
: nous on hurlait " no war and make peace and love " , eux ils disent
" sida, chômage , insécurité " , et nous
? serions-nous encore capables de nous rappeler :
" qu'il est interdit d'interdire ! "
nous vivons
résolument une époque formidable !
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Michel HUGUES-éditeur
de PACA INFORMATIONS ECONOMIQUES-©
jan le masson
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