La
Chronique Économique de Nicolas
BOUZOU du
Cabinet ASTERES dans paca informations
économiques

INFLATION ?
Ndlr
: à gauche : inflation globale et inflation
hors alimentation et énergie - à droite
: produits manufacturés et services
200907.pacainfoeco.com
-
A 1,2%, l’inflation a
très légèrement accéléré
en août. Elle pourrait même continuer
à se tendre à l’horizon de la
fin de l’année. En effet, à l’intérieur
de l’indice, l’on sent poindre des changements.
Ainsi, les prix des produits manufacturés ont
augmenté de 0,1% sur 1 an (pour le deuxième
mois consécutif), tirés par l’habillement
et les chaussures. Or, jusqu’à un passé
récent, ce secteur était très
déflationniste, ce qui tirait la demande en
volume. L’euro fort et la délocalisation
de l’outil de production tiraient les prix vers
le bas.
Aujourd’hui, la situation commence à
changer. Ainsi, l’inflation en Chine tourne
désormais autour de 5%, ce qui ne s’était
pas vu depuis plusieurs années. Dans beaucoup
de pays émergents, l’inflation se tend,
ce qui se transmet aux prix des produits que nous
importons. Il y a là une vraie nouveauté.
-
Autre poste à surveiller : l’énergie.
En glissement annuel, les prix ont perdu 1,8% en août
(-3,3% pour les produits pétroliers). Mais
le baril de pétrole a atteint un niveau historique
hier, ce qui va se transmettre dans les semaines qui
viennent au prix des carburants, puis du gaz (l’appréciation
de l’euro par rapport au dollar ne nous protégeant
que partiellement). Attention donc.
-
Enfin, les prix de l’alimentation ont gagné
1,2% en août sur 1 an. Ce chiffre devrait s’élever
dans les mois qui viennent. Depuis 2000, les prix
des matières premières à usage
alimentaire ont gagné plus de 80%. Deux facteurs
fondamentaux expliquent ce boom.
-
le développement des marchés émergents.
L’enrichissement de ces pays passe d’abord
par une consommation alimentaire (besoin primaire)
plus élevée. Dans certains pays émergents,
les dépenses d’alimentation représentent
entre 40 et 50% de la consommation totale. Ainsi,
en 2006, l’Inde a acheté 1% de la production
mondiale de blé, et la Chine a repris ses achats
en 2007.
-
la fabrication de biocarburants. La hausse des prix
du pétrole amène les Etats et les industriels
à rechercher des solutions énergétiques
alternatives. Les biocarburants en font partie. Problème
: leur rendement est faible. Ainsi, il faut énormément
de blé pour obtenir un rendement énergétique
qui rende cette matière première utilisable.
Résultat : les cours flambent.
Cette
conjonction de facteurs auxquels la France ne peut
absolument rien tire les cours des matières
premières agricoles vers le haut. Ce qui devrait
se traduire par une hausse des prix à la consommation
des produits alimentaires en France.
-
Au regard de ces chiffres, le principal point d’interrogation
porte aujourd’hui sur le comportement de la
BCE. Or, selon toute probabilité, l’institution
de Francfort devrait davantage se focaliser sur les
risques de hausse des prix que sur les chiffres actuels,
encore modérés. C’est pourquoi
je pense que nous n’échapperons pas à
une hausse supplémentaire des taux d’intérêt
(de 25 points de base) d’ici la fin décembre.
Nicolas
Bouzou,
économiste, 
fondateur du cabinet Asterès
Nicolas Bouzou donne des conférences et anime
des formations dans toute la France. Pour organiser
un événement avec lui, vous pouvez directement
lui écrire : nbouzou@asteres.fr
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