
L'
EDITORIAL ECONOMIQUE de pacainfoeco.com :

"Inflation
en hausse et Euro trop fort ... A quoi joue la BCE
?

141207.pacainfoeco.com
- Il n’y a eu aucune surprise : la BCE vient
de conserver identiques ses 3 taux directeurs dont
l’incontournable 4 % l’invariable taux
de refinancement. Mais cette fois le très valeureux
Jean Claude TRICHET n’a pas hésité
à déclarer à l’ensemble
des économistes que son organisme et lui-même
étaient en « état d’alerte
permanent » et se tenait à « contrecarrer
les risques inflationnistes ».lire
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Par
construction notre raisonnement présent se
doit de bien faire le distinguo entre la situation
française, par trop compliquée et tortueuse,
entre vrais (et faux chiffres), faux (ou intentionnels)
ou réels engagements d’actions curatives
à court terme, de la situation stabilisée
et nettement plus claire du reste de l’Europe
de la C.E. Ainsi l’annonce faite hier jeudi
13 décembre 07 de l’élévation
(officielle) de l’inflation en France n’a
pas paru choquer le moindre observateur tricolore
alors que le branle-bas de combat était sonné
à Francfort et à Bruxelles malgré
la poursuite des déclarations officielles maintenant
malgré l'incompréhension générale
un EURO de plus en plus fort.
le
siège de la BCE à francfort
Décélération
de la croissance nominale
Mais
au-delà des mots, les projections de croissance
et d'inflation de la BCE pour 2008 et les premières
pour 2009 suggèrent que l’Institut d’émission
ne réagira plus. En effet, ce scénario
souligne la décélération de la
croissance nominale de 4,7% en 2007, à 4,5%
en 2008 puis 3,9% en 2009, ce qui est inférieur
au taux de refinancement principal actuel. Or, pousser
les taux directeurs au-delà de la croissance
nominale projetée pour les 24 prochains mois
est un non-sens. La BCE prévoit désormais
un taux de croissance du PIB seulement au potentiel
l'année prochaine (2,0% en 2008 contre 2,6%
en 2007) sans rebond notable en 2009 (2,1%).
Pour
l'inflation, la BCE a sensiblement révisé
la cible en hausse pour 2008 à 2,5% contre
2,0% précédemment. Mais ceci est uniquement
dû au modèle technique fondé sur
des hypothèses de prix du pétrole anticipés
(Contrats forward au 14 novembre).
Pour
2009, la BCE voit même un niveau médian
de 1,8%, soit précisément le seuil de
stabilité des prix. Il convient de rappeler
que la politique monétaire consiste à
maintenir l’inflation dans une fourchette de
1,7% à 1,9% sur le moyen terme, c’est-à-dire
un horizon de 18 mois ! Enfin, et surtout, ces projections
d'inflation s’appuient, à partir des
anticipations de taux d'intérêt, sur
une diminution de 60 bp du taux 3 mois Euribor.
Le
président de la BCE, Jean-Claude Trichet, avait
déjà prévenu la semaine dernière
que la banque centrale était "constamment
en alerte" et ferait "tout ce qui est nécessaire
pour éviter" les risques de surchauffe.
L'inflation dans la zone euro a en effet atteint 3%
sur un an en novembre. C'est pourquoi l'institution
de Francfort reste inflexible, en refusant de baisser
ses taux d'intérêt, contrairement à
ses homologues américaine ou britannique.
La
Croissance des autres !
La
croissance des autres pays également confrontés
à une baisse de la consommation inciterait
pourtant à une contre attaque au lieu d’une
construction autour … « d’une croissance
en repli »
Notez
enfin que La croissance dans les trois grandes économies
de l'OCDE a fait preuve d ‘une bien belle vigueur
au troisième trimestre. Aux Etats-Unis, le
PIB a progressé de 4,9% en rythme annualisé
(la meilleure performance depuis 2003). La résistance
de la consommation, un investissement en construction
non résidentielle encore soutenu et une contribution
à nouveau positive du commerce extérieur
ont plus que compensé la poursuite du recul
de l'investissement logement. Au Japon, la croissance
a rebondi à 0,6% t/t, effaçant la contraction
du deuxième trimestre (-0,4% t/t), cela malgré
un nouveau repli marqué dans le secteur de
l'immobilier résidentiel.
Au
Japon, la croissance devrait subir
le contrecoup du ralentissement américain mais
aussi être affectée par une consommation
appelée à rester peu dynamique. L'évolution
des salaires s'inscrit toujours en territoire négatif,
tandis que l'amélioration du marché
du travail marque le pas. L'archipel nippon est toujours
à la frontière de la déflation.
Dans la zone euro, avant même la crise de l'été,
le pic du cycle conjoncturel était déjà
dépassé. Au-delà de l'incidence
des hausses passées de taux d'intérêt,
le resserrement des conditions de crédit, l'essoufflement
du cycle immobilier, l'effet de la hausse des prix
du pétrole, le ralentissement attendu aux Etats-Unis
et la vigueur de l'euro conduisent
à anticiper une croissance revenant en dessous
du potentiel dans les prochains trimestres ainsi qu'en
attestent les dernières enquêtes de conjoncture,
tant au niveau de la zone euro qu'à celui des
économies nationales.
Dans
tous les cas la position intransigeante de Monsieur
Trichet constitue quand même un précédent
et oblige à une fracture en 2 clans rivaux
parmi les économistes : les POUR et les CONTRE
la stratégie actuelle de la BCE mais une question
demeure identique pour tous : … « à
quoi joue la BCE ? » ...peut être que
Monsieur TRICHET le sait lui au moins , espérons-le
!!!
Michel
HUGUES -
éditeur
de paca informations économiques
<
sur internet : le
site de la BCE
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