La
Chronique Économique de Nicolas
BOUZOU du
Cabinet ASTERES dans paca informations
économiques

où
en est la Consommation de produits manufacturés
?

230108.PACAINFOECO.COM
- Ouf, la consommation des ménages ne s’est
pas effondrée au quatrième trimestre
2007. Après avoir reculé de 0,3% en
septembre et de 0,8% en octobre, les achats en biens
manufacturés (un peu moins de 30% de la consommation
totale des ménages) ont finalement légèrement
augmenté en novembre (+0,1%, chiffre révisé
à la hausse). Ils ont carrément rebondi
en décembre (+2%), un bon chiffre surtout un
mois avant les soldes.
Ce
chiffre du mois de décembre est donc rassurant
à plus d’un titre. Déjà,
il montre que, même si les ménages ont
le moral en berne, cela ne les empêche pas de
dépenser. Avec un peu de recul, on se rend
compte que la poussée de l’inflation
(laquelle tourne désormais autour de 2,5% et
devrait même aller se promener dans les mois
qui viennent du côté des 3%) rend les
dépenses des ménages volatiles et sans
doute plus sélectives, mais qu’elle ne
les fait pas plonger.
Autre
signe rassurant : les dépenses en biens durables
sont très dynamiques en décembre (+3,8%
sur un mois, +11,6% sur un an). Or ce sont elles qui
donnent le pouls des comportements de consommation
des ménages. Les dépenses d’équipement
du logement sont en progression, et la reprise de
la consommation en automobiles se confirme.
Cette
amélioration est en phase avec les bons chiffres
récents du crédit à la consommation.
La production de crédits à la consommation
des établissements spécialisés
(membres de l’ASF) s’est accrue de 3,9%
sur 1 an en décembre. Même les crédits
renouvelables, à la peine ces derniers mois,
sont repartis à la hausse. Il y a donc toujours
une véritable envie de consommer de la part
des ménages, laquelle s’adresse en priorité
aux secteurs qui renouvellent leurs gammes de produits
(électronique grand public, automobiles).

Du
coup, sur l’ensemble du quatrième trimestre,
la baisse des dépenses en produits manufacturés
est finalement limitée (-0,2%). Ce chiffre
tranche bien entendu avec celui du troisième
trimestre (+1,9%). Mais, sur l’ensemble de la
consommation des ménages, le chiffre du quatrième
trimestre ne devrait pas être trop mauvais (aux
alentours de +0,4% après +0,9% au T3), dans
la mesure où les dépenses d’alimentation
et de services (santé et services à
la personne notamment) sont demeurées dynamiques.
Dans ces conditions, la croissance du PIB au quatrième
trimestre a dû atteindre 0,3-0,4%.
?
Sur l’ensemble de l’année, la consommation
des ménages en produits manufacturés
a finalement crû de 3,5%, ce qui est beaucoup,
et même sensiblement plus qu’en 2006 (+2,7%).
D’après nos calculs, en 2007, la consommation
totale des ménages aura donc augmenté
de 2,2%, après 2,3% en 2006.
Quid
de 2008 ? Le chiffre de décembre, même
fragile, montre que l’idée selon laquelle
la consommation reste un moteur de la croissance n’est
pas encore à jeter aux orties. Certes, les
gains de pouvoir d’achat seront moins élevés
cette année qu’en 2007 (+2% après
+3%), mais d’autres sources de financement des
dépenses peuvent prendre le relais : recul
du taux d’épargne, recours plus important
à l’endettement… Sur ce plan, c’est
donc la vigilance qui est de mise, mais pas vraiment
l’inquiétude.
Nicolas
Bouzou,
économiste, 
fondateur du cabinet Asterès
Nicolas Bouzou donne des conférences et anime
des formations dans toute la France. Pour organiser
un événement avec lui, vous pouvez directement
lui écrire : nbouzou@asteres.fr
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L’analyse économique au service des
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