La Chronique de
Pascal
Boniface (IRIS)
directeur de l’Institut
de relations internationales et stratégiques
(www.iris-france.org)
en partenariat avec pacainfoeco.com

Le
boycottage des Jeux olympiques de Pékin est-il
une solution ?
notre
photo :
l'actrice Marie Nafpliotou, improvisée pour
l'occasion en grande prêtresse d'Héra,
allume la flamme des JO 2008 à OLYMPIE Grece
280308.pacainfoeco.com
- Alors que le président du Comité international
olympique (CIO), Jacques Rogge, déclarait hier
à Olympie qu'il ne voyait pas se dessiner d'«élan»
sur la scène internationale pour un boycottage
des Jeux olympiques de Pékin, Pascal Boniface,
directeur de l'Institut de relations internationales
et stratégiques (Iris), estime qu'une telle
initiative serait « irréaliste ».
(la suite plus bas)
«
Quelle que soit l'opinion portée sur les événements
actuels au Tibet, un boycottage des Jeux de Pékin
me paraît virtuel, hypothétique et irréaliste.
Aucun comité national olympique ne le préconisera.
Le boycottage est une sorte d'arme atomique que l'on
utilise dans les cas extrêmes. Il s'assortit
généralement d'autres moyens de pression
sur les plans économique et politique. Ce n'est
pas le boycottage des JO de Moscou en 1980 qui a amené
Mikaël Gorbatchev au pouvoir, mais l'enlisement
des troupes russes en Afghanistan ou les difficultés
de l'économie soviétique d'alors. Autre
exemple, le boycottage sportif de l'Afrique du Sud,
du temps de l'apartheid, a peut-être été
efficace, mais parce qu'il était assorti d'un
boycottage économique et politique. C'est l'ensemble
de ces mesures qui a contribué à faire
bouger le régime de Pretoria.
On peut relever que les attaques face à la
situation au Tibet viennent dans un contexte de montée
en puissance politique et économique de la
Chine. C'est une dynamique qui peut gêner certains
pays, prompts alors à dénoncer les insuffisances
du régime.
En revanche, il est révélateur que,
dans le débat actuel, ni le dalaï-lama
ni les grandes ONG ne réclament un boycottage
des Jeux de Pékin. Loin d'affaiblir les durs
du régime chinois, un boycottage renforcerait
ceux-ci dans leur idée que la Chine est attaquée
et victime d'un complot extérieur.
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Atlas
du monde global
Pascal Boniface et Hubert Védrine
Armand Colin / fayard 19,50 € 2008
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D'autre
part, réclamer un boycottage entretient l'illusion
que l'on peut imposer à la Chine un comportement
« responsable » - du point de vue d'une
démocratie occidentale - et que l'on peut lui
donner une leçon. Autant d'idées fausses,
car la Chine ne veut pas se voir imposer des réformes
de l'extérieur. Il est néanmoins possible
de faire pression sur elle par la discussion, la négociation,
une participation critique aux Jeux. Une attitude
efficace consisterait donc à aller à
Pékin mais à ne pas rester silencieux,
en évoquant - en marge des Jeux olympiques
- la situation des droits de l'homme. Les Chinois
sont sensibles à l'image qu'ils peuvent donner.
En résumé, il est nécessaire
de réfuter deux idées extrêmes
: un boycottage des Jeux n'obligera pas la Chine à
plier les genoux ; et les Jeux olympiques ne transformeront
pas la Chine en un modèle de démocratie
scandinave. »
Pascal Boniface Directeur
de l'IRIS
(la croix iris mars 2008)
Une
publication de l'I.r.i.s.
( Institut de relations internationales et stratégiques)
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