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une info pacainfoeco.com La Chronique de Pascal Boniface (IRIS)

directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (www.iris-france.org) en partenariat avec pacainfoeco.com

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une info pacainfoeco.com La victoire d'Ahmadinejad et les paradoxes de la République Islamique

 

03072009.pacainfoeco.com - La réélection de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence de l'Iran a jeté un froid et un trouble sur la communauté internationale. La fin de la campagne électorale, la forte mobilisation des électeurs, l'utilisation intelligente de la couleur verte comme symbole de ralliement par le candidat modéré et le fort taux de participation dès l'ouverture des bureaux de vote avaient permis de penser que Hossein Moussavi allait emporter cette élection. Il aurait mis fin ainsi à la présidence d'Ahmadinejad et aurait pu ouvrir un cercle vertueux de négociation avec les Etats-Unis et opposées avec les pays arabes et européens.

L'élection d'Ahmadinejad à la présidence il y a cinq ans n'était-elle pas le résultat à la fois de la guerre d'Irak, du discours sur "l'axe du mal" de George W. Bush ? A une présidence américaine agressive et brutale correspondait un président iranien qui l'était tout autant. On pensait donc que puisque Barack Obama répète depuis son élection qu'il veut entamer des négociations avec l'Iran, qu'il ne privilégie pas l'usage de La force et qu'il a fait un discours particulièrement bien accueilli à l'égard du Monde musulman au Caire, les Iraniens n'auraient pas de motivations particulières pour voter pour un président qui multiplie les provocations à l'égard de la communauté internationale et des Etats-Unis. Même si Moussavi était attaché au programme nucléaire iranien qui fait l'objet d'un consensus national dans ce pays, il aurait pu dissiper les craintes sur son caractère militaire. Une compréhension mutuelle entre les Etats-Unis et l'Iran, la fin de la volonté de privilégier la force au dialogue permettait d'entrevoir un apaisement général des tensions dans la région et l'amélioration du climat international. Parallèlement, cela aurait pu permettre de desserrer l'étau qui pèse sur la société iranienne et de donner plus de liberté à la jeunesse et aux femmes qui le revendiquent avec force. Le monde extérieur a-t-il pris ses désirs pour des réalités ? Toujours est-il qu'Ahmadinejad a été réélu. A première vue, la fraude ne peut pas être exclue, l'écart entre les deux candidats est tel qu'elle ne permet pas d'expliquer sa victoire. Ou alors, il s'agirait d'une fraude massive. Dès lors, elle sera contestée vivement, ce qui fragilisera le régime. L'élection d'Ahmadinejad est une réalité désagréable pour tous ceux qui pensaient et espéraient un apaisement des tensions. Il a obtenu 62,63% des voix contre pour 33,75% à son principal concurrent et une participation de 85% des électeurs.

Toute perspective de négociation et de dialogue entre Téhéran et le reste du monde est-elle pour autant anéantie? Pas tout à fait ! Les pouvoirs sont plus concentrés sur le guide suprême de la Révolution, l'ayatollah Khamenei, que sur le président iranien. Khamenei peut se dire que la victoire de son poulain étant assurée, il est temps désormais de faire preuve d'ouverture. Que l'état économique de l'Iran et les demandes internes de la société en font une exigence et que l'Iran a plutôt intérêt à capitaliser sur les positions qu'il a acquises, notamment grâce à la guerre d'Irak, plutôt que de vouloir provoquer à tout prix et déjouer la politique du pire en essayant d'attirer Israël ou les Etats-Unis dans une réplique militaire. Ces derniers pourraient certes payer un prix important, mais la première victime serait néanmoins l'Iran. Bref, tout le monde serait perdant. Il en est un en tous les cas pour lequel la réélection d'Ahmadinejad est une bonne nouvelle. Netanyaou est ainsi moins isolé, l'accession d'un modéré à la présidence iranienne aurait désigné son gouvernement comme étant l'un des plus radicaux de la région, répondant au discours d'Obama par rapport auquel il a fait preuve d'habilité en acceptant le principe d'un Etat palestinien pour ne pas apparaître comme étant trop fermé, mais en le conditionnant de telle manière que l'on voit bien que cette perspective est plus que lointaine. Pas d'engagement sur Jérusalem, sur le retour des réfugiés, et pas d'engagements sur les frontières ; l'existence d'un Etat palestinien est conditionnée par sa démilitarisation. Nethanyaou a de plus décidé de ne pas arrêter la colonisation contre la demande express de Barack Obama. Il sera tenté de se réfugier derrière la réélection d'Ahmadinejad pour justifier une absence réelle de concessions. Si Moussavi avait été élu, Netanyaou aurait finalement été à la tête du gouvernement de la région le plus radical. La réélection d'Ahmadinejad lui évite cet isolement. Mais elle assombrit les perspectives internationales.

Pascal BONIFACE

Directeur de l'IRIS

(iris/pacainfoeco 2009)

Une publication de l'I.r.i.s. ( Institut de relations internationales et stratégiques) http://www.iris-france.org/ partenaire de pacainfoeco.com

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