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La Chronique de René DZAGOYAN

auteur de 2 bests sellers : (« Le système Aristote », « Vadim Bronsky: dernière mort avant l'oubli ») chez Flammarion éditeur

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428 après Jésus-Christ , L’Année Anonyme de Giusto TRAINA

un succès international médiatique et un déjà grand succès en librairie

22012010.pacainfoeco.com - Cette année-là, aux infos de 20 heures, on annonce que Clodion le Chevelu devient roi des Francs, que les Vandales se sont emparés de Séville et que Nestorius, évêque d’Alexandrie, est nommé patriarche de Constantinople. Temps couvert avec éclaircies. Une année banale en somme. Rien à voir avec le funeste millésime 410 où le Wisigoth Alaric mit Rome à feu et à sang, ou la cuvée 476 où le barbare Odoacre déposa le dernier empereur romain. C’est pourtant cette année 428, année anonyme (comme la qualifie l’auteur lui-même), que Giusto Traina (notre photo ci dessous) a choisi de retracer pas à pas, lieu par lieu, avec une minutie helvétique dans un long périple méditerranéen, où l’on va de Byzance à Jérusalem, d’Athènes à Rome, en continuant par la Gaule, l’Espagne, et l’Egypte, pour un grand retour vers le point de départ : l’Arménie. Car, c’est là que commence le grand voyage, le jour où, à la demande de la noblesse arménienne, Artachès, roi d’Arménie, est déposé par le Vahram V, roi de Perse.

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Le pays des Haï devient province persane. Il faudra attendre quatre siècles et demi, et le couronnement d’Achot Bagratouni en 885, pour que les fils de Haïk retrouvent un début d’indépendance. A l’époque, l’événement est passé inaperçu. Il l’est toujours d’ailleurs. Mais l’art de l’historien italien (professeur à Rouen) est précisément de démontrer que la banalité a toujours un sens dès l’on l’installe dans la logique de l’Histoire. « Mon intention initiale, dit l’auteur dans sa préface, était de préciser pourquoi Artachès, le dernier roi d’Arménie, fut déposé et quelles en furent les conséquences. » Et de décrire l’agencement des événements-dominos qui tombent en s’entrainant les uns les autres des murailles d’Ani aux collines de Séville où Genséric le Vandale accèdent à la couronne royale, ou encore des contreforts de l’Ararat aux plaines des Flandres où le Romain Aetius bat Clodion le Franc. L’histoire du monde toujours sur les flancs de l’Ararat, tous les historiens savent ça.

NOTRE PHOTO : Giusto TRAÎNA ,notre ami historien, archéologe, universitaire et excellent ecrivain, photo Michel HUGUES

Si le récit de 173 pages défile à la manière d’un documentaire que l’on a peine à quitter des yeux, tant l’enchaînement des scènes nous emporte à la manière des meilleures séries américaines, il n’en reste pas moins vrai que ce long périple dans le monde antique laisse une étrange impression de déjà-vu: l’Arménie, divisée en clans irréductibles tous gardiens de la foi patriotique, mais partisans, bien sûr, de deux puissances extérieures rivales,  l’Orient perse et l’Occident chrétien, spectatrice toujours impuissante aux grands événements du monde, lequel la façonne à son gré en restant indifférent à son sort. Pourtant, le désintérêt qui entoure la fin du royaume d’Arménie en 428 est lui-même symptomatique.

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Au-delà de ses frontières, le même destin se prépare. La Rome antique n’a plus qu’une cinquantaine d’années à vivre, Constantinople n’est pas encore Byzance et tout autour de cette immense scène de théâtre qu’est la Méditerranée, d’autres acteurs, les Barbares, se préparent à jouer une autre pièce. On assiste à la fin d’un monde. Comme le dit si bien l’auteur en conclusion de son ouvrage, « autant de personnages fort dissemblables, aux itinéraires et aux destins les plus divers, ici réunis dans un récit à plusieurs voix. L’arrière-plan est le crépuscule du l’empire romain. Ou, si l’on préfère, l’aube du Moyen Age. »

428, Giusto Traina, Une année ordinaire à la fin de l’Empire Romain, Editions des Belles-Lettres, 25 €.

en collaboration avec le magazine "les nouvelles d'arménie"

René Dzagoyan

écrivain, consultant international

 

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