
SCIENCES ET TECHNOLOGIES
Débuts de l'astronomie neutrino
en Méditerranée provençale
Depuis
le 29 janvier dernier la « collaboration
Antares –astronomie neutrino
» est entrée dans une
phase totalement active avec la mise
en service d’un détecteur
Antares (ndlr
: télescope sous-marin pour
les profanes) détecteur
de 375 yeux, répartis sur 5
lignes, en partie immergé au
large des îles de Porquerolles
(var) contrôlé et observé
depuis la Seyne sur mer et le CNRS
de Marseille . C’est justement
cela que le Ministre François
Goulard, Ministre délégué
à l’Enseignement supérieur
et à la Recherche, a inauguré
le mardi 27 février à
La Seyne-sur-Mer (Var) puis
à Marseille (Bouches du Rhône).
Le Ministre a visité la salle
de commande du détecteur ANTARES
à l’Institut
Michel Pacha à La Seyne-sur-Mer,
puis le Centre
de Physique des Particules de Marseille
(CPPM).
Ce déplacement permettait de
découvrir le détecteur
ANTARES (Astronomy with a Neutrino
Telescope and Abyss RESearch), télescope
à neutrinos sous-marin, pour
l’observation des neutrinos
cosmiques de très haute énergie,
messagers des phénomènes
violents de l’univers . La première
ligne de capteurs avait été
immergée en février
2006 et la dernière des douze
prévues (900 capteurs au total)
doit être installée d'ici
fin 2007, a précisé
John Carr, coordinateur du projet.
Selon
M. Carr, Antarès a déjà
pu effectuer des mesures sur des neutrinos
"de très haute énergie"
et l'équipe scientifique internationale
espère observer une centaine
de ces particules en provenance de
différentes sources dans la
galaxie (étoiles, pulsars,
restes de super novae, etc.) d'ici
la fin de l'année.
A
cette occasion, François Goulard
a évoqué la démarche
qu’il souhaite engager pour
l’identification des besoins
en Très Grandes Infrastructures
de recherche en France.
Rappelons que c'est 30 novembre 1999
qu' un premier prototype avaité
immergé à 37 km des
côtes marseillaisesà
9h15, à
1100 mètres de profondeur et
que
cette expérience avait été
inaugurée et officiellement
lancée par
Mme Claudie Haigneré,
Ministre déléguée
à la recherche et aux nouvelles
technologies et Guido Possa,
vice ministre délégué
à la recherche, représentant
Letizia Moratti, Ministre italienne
de l'éducation, de l'université
et de la recherche à
la Seyne sur mer le Mardi 18 novembre
2003 et paca
informations économiques était
déjà là pour
vous en rendre compte et analyser
le projet qui implique la plupart
des forces vives de notre région
.
Michel
HUGUES
ci
dessous notre dossier technique complet
UNE
TECHNOLOGIE ITALO-FRANÇAISE
Depuis la mise en opération
des deux premières lignes,
la construction du détecteur
s'est poursuivie au rythme escompté,
grâce aux efforts de l'ensemble
de la collaboration L'intégration
des lignes s'est poursuivie au Dapnia
(CEA Saclay) et au CPPM (CNRS/In2p3,
Marseille), à partir des éléments
construits sur place ou provenants
d'autres laboratoires, en particulier
d'Italie (Bari, Catane et Pise) où
les modules électroniques sont
assemblés et testés.
La ligne 3 a été déployée
le 29 novembre 2006, les lignes 4
et 5 respectivement le 8 et le 16
janvier 2007. Le 29 janvier la collaboration
Antares mettait donc en service un
détecteur de 5 lignes complètes.
Un exemple d'événement
réel touchant les 5 lignes
du détecteur. La taille des
sphère et proportionnelle à
la quantité de lumière
reçue par le module optique
(en fait à la charge électrique
reçue du photomultiplicateur).
Les couleurs des sphères dépendent
du temps. Avant et après l'arrivée
du muon, qui donne les signaux symbolisés
par des sphères vertes, le
détecteur reçoit la
lumière du bruit de fond optique.
Ce détecteur est bombardé
de muons descendants issus
de l'interaction du rayonnement
cosmique dans l'atmosphère.
Ces muons, s'ils réussissent
à traverser les 2000 mètres
d'eau qui séparent la surface
de la mer du haut du détecteur,
sont détectés par leur
lumière Tcherenkov caractéristique.
Ces muons peuvent arriver un à
un ou en groupe, en formation serrée
(espacés de quelques mètres).
Dans Antares, ils seront reconstruits
comme une trace unique.
Le nombre de ces muons
descendant est considérablement
plus important que les muons montants
issus de l'interaction de neutrinos
dans la croûte terrestre. Dans
Antares, on s'attend à détecter
un muon montant pour 10000 muons descendants.
Une petite fraction de muons descendants
reconstruits à tort comme montants
peut donc gêner l'observation
des neutrinos. L'interaction du rayonnement
cosmique dans l'atmosphère,
essentiellement des protons, produits
des gerbes de particules énergiques.
Dans ces gerbes se trouvent des muons
(traces oranges) et des neutrinos
(traces en pointillées). Les
muons atmosphériques ne traversent
pas la terre et sont très atténuées
par les 2000 mètres d'eau surplombant
le détecteur, mais ils sont
très nombreux.
Les
neutrinos atmosphériques ont
très peu de chance d'interagir
au-dessus du détecteur comparativement
aux nombres de muons descendants qui
l'atteignent. Les neutrinos atmosphériques
produits aux antipodes se comportent
de la même façon que
le signal recherché de neutrinos
cosmiques. Ils interagissent dans
la croûte terrestre et constitue
donc un phénomène parasite
important pour l'expérience.
Seul un détecteur tridimensionnel
disposant d'un nombre suffisant de
photodétecteurs permet d'isoler
le signal montant et de mesurer avec
précision la direction d'arrivée
de la particule. Une fois ce signal
montant isolé, il faut y rechercher
les traces d'une source lointaine
de neutrinos cosmiques. Le 29 janvier,
en mettant en marche un détecteur
de 375 yeux, répartis sur 5
lignes, l'astronomie neutrino a débutée
dans Antares.
Le projet ANTARES est une collaboration
entre des laboratoires de physique
des particules, des scientifiques
du milieu marin, des astronomes et
des astrophysiciens. Cette collaboration
bénéficie en plus du
soutien d'organismes privés
tels que : FRANCE TELECOM /BRX/FTRSI/Unité
des Opérations Marines; DGA/DCE
(Direction des Centres d'Expertise
et d'Essais) : DCE/CTME (Centre Technique
des Moyens d'Essais) DCE/CTSN (Centre
Technique des Systèmes Navals)
Des géophysiciens intéressés
par un observatoire sous-marin : Département
de Sismologie - Institut de Physique
du Globe de Paris (IPGP) Géosciences
Azur, Villefranche-sur-Mer (UPMC)
et Nice-Sophia Antipolis (UNSA) Le
programme de recherche et développement
pour le déploiement de lignes
prototypes a été avalisé
par les organismes de tutelle des
différents laboratoires participants
avec en particulier un financement
provenant des institutions suivantes
: Organismes scientifiques français
: CEA/DSM-DAPNIA , CNRS/IN2P3 and
CNRS/INSU , IFREMER ; Université
de la Méditerranée -
Autres organismes de nos partenaires
européens. Le projet reçoit
le soutien et l'aide des collectivités
territoriales suivantes : Region "Provence-Alpes-Côte
d'Azur" , Conseil général
du Var , Mairie de La Seyne-sur-Mer
Il reçoit les financements
suivants : Fonds National d'Aménagement
du Territoire (FNADT) et Fonds National
d'Aménagement du Territoire
(FNADT)
photos
(c) L.Fabre/CEA & antares
Sur
internet :
<
Antares : http://antares.in2p3.fr/index.html
<
INFN GENOVA :
http://www.ge.infn.it/
< IFREMER
: :
http://www.ifremer.fr/francais/index.php
< Antares
Valencia : http://ific.uv.es/antares/index1024x768.htm