AUTOS en partage : après le scandale AUTOLIB’ à Paris, le modèle économique de l’autopartage va t il disparaitre ou bien renaitre au niveau mondial ?

AUTOS en partage : après le scandale AUTOLIB' à Paris, le modèle économique de l'autopartage va t il disparaitre ou bien renaitre au niveau mondial ?

mardi 05 Juin 2018 – pacainfoeco.com – Depuis plusieurs semaines la ville de Paris est en actives discussions avec plusieurs constructeurs automobiles dans le cadre de son service d’autos en partage qu’elle souhaite modifier, voire remplacer à la suite des derniers chiffres d’exploitation publiés au sujet de l’actuel service AUTOLIB’ mis en place par le groupe BOLLORÉ : AUTOLIB’ qui afficherait un déficit prévisionnel de 300 millions d’€uros; mais quel va être le futur du marché de l’autopartage sur la planète ?

AUTOS en partage : après le scandale AUTOLIB’ à Paris, le modèle économique de l’autopartage va t il disparaitre ou bien renaitre au niveau mondial ?

Rappelons que Autolib’ lancé en 2011 est un service public d’autopartage de voitures électriques en libre-service disponible uniquement dans l’agglomération parisienne. La conception spécialement à cet effet des Bluecar actuellement utilisées ainsi que l’exploitation du service avaient été confiées, pour une durée de 12 ans, au groupe industriel Bolloré par le syndicat Autolib’ et Vélib’ Métropole (SAVM).

… une affaire « d’opportunismes à la parisienne » qui tourne très mal

Le service Autolib’ était assuré en France en août 2017, au moyen de 3 907 véhicules répartis dans 1 100 stations couvrant 102 communes de l’agglomération parisienne. Le groupe Bolloré l’a ensuite implanté à l’étranger, à Los Angeles, Singapour et Turin.

à Paris début 2018, on comptait tout au plus que 150 000 abonnés (nombre en constate régression) n’accomplissant pas plus de 11 000 trajets quotidiens (en réduction de 16% par rapport à l’année précédente). Vincent Bolloré, a alors demandé à la mairie de Paris, et aux 97 communes qui bénéficient du service, de participer au renflouement des pertes d’exercices du service AUTOLIB’ à hauteur de environ 300 millions d’€uros, soit 40 millions d’Euros par an pour chaque collectivité.

AUTOS en partage : après le scandale AUTOLIB’ à Paris, le modèle économique de l’autopartage va t il disparaitre ou bien renaitre au niveau mondial ?

Anne Hidalgo, la maire de Paris, interrogée dernièrement par le quotidien Les Échos sur le différent bolloré/mairie de Paris/autolib’ à propos d’Autolib, juge que « la somme demandée par l’entreprise est extravagante » et déclare que la mairie de Paris est en discussion avec plusieurs constructeurs automobiles pour réfléchir à une offre alternative.

Dans son communiqué, le groupe Bolloré dit avoir « pris connaissance avec stupéfaction des déclarations d’Anne Hidalgo et du syndicat mixte Autolib Velib ». « Il tient à rappeler que, par contrat signé entre les parties, il est clairement précisé que le groupe Bolloré, qui devait déjà financer les investissements, ne pouvait prendre à sa charge plus de 60 millions d’euros de pertes de ce service de transport public. »

nombreuses sont les expériences d’autopartage en France mais également en Europe et dans le monde

Du coté de l’hôtel de ville de notre capitale la prochaine installation d’une commission sur AUTOLIB’  ou un éventuel remplacement du service, avec la représentation d’élus de toutes tendances du Conseil de Paris a été lancée officiellement. Face à Face, il y aura l’estimation du groupe Bolloré qui estime exactement à 293,6 millions d’euros la dette d’exploitation du service lancé en fanfare en 2011 sous Bertrand Delanoë (socialiste) et qui est encore actif jusqu’à la fin du contrat en 2023. 

l’exemple d ‘AUTOBLEUE à NICE , a précédé avec réussite, la version AUTOLIB de Paris

Rappelons que la ville de NICE avait précédé la ville de PARIS de 8 mois, avec la mise à disposition dès 2010 avec le système AUTOBLEUE : 40 stations et 120 véhicules électriques, Exploitées par Venap ( Veolia transports et EDF) rappelons aussi que les villes de LA ROCHELLE, LYON, BORDEAUX et RENNES en avaient fait de même à la même époque. Actuellement plusieurs constructeurs automobiles comme RENAULT avec RENAULT MOBILITY ont une offre importante de partage de véhicules, tout comme les MINI et son service BUSINESS DRIVE et son groupe propriétaire BMW qui a choisi d’acheter 100% des parts de DRIVE-NOW, alors que le groupe PSA en avait fait de même avec MU by PEUGEOT et avec CITROEN MULTI CITY ajourd’hui devenues PEUGEOT RENT; de même OPEL (car unity), MERCEDES-Daimler (Car2Go), VOLKSWAGEN (quicar) en avaient fait tout autant dans les années 2012-2013, mais déjà dans plusieurs pays européens à la fois.

N’oublions pas, non plus, les services participatifs de partage de véhicules entre particuliers qui sont pléthores à l’heure actuelle sur les territoires français et européens : KOOLICAR, OUICAR, DRIVY, CITYZ, MOBILITY TECH GREEN, DEWAYS, … etc… la liste est infinie !

… un partage automobile dans l’empire du milieu … 

LA DiDi-ALLIANCE : la Didi Auto Alliance qui vient d’être créée plus particulièrement Chine, sous l’impulsion du groupe chinois, DiDi Chuxing, est une alliance internationale d’auto-partage, qui regroupe les leaders des équipementiers et des constructeurs automobiles où viennent dernièrement d’entrer en lice les groupes Toyota et Volkswagen. Cette alliance regroupe maintenant 31 membres, dont les trois plus grands groupes mondiaux d’automobiles que sont Volkswagen, Toyota Motor et l’alliance franco-japonaise entre Renault, Nissan Motor et Mitsubishi Motors, ainsi qu’une co-entreprise entre l’entreprise publique chinoise Dongfeng Motor (copropriétaire par ailleurs du groupe français PSA : [Peugeot-Citroën]) et la société sud-coréenne Kia Motors. Les équipementiers auto allemands Bosch et Continental sont également membres de la Didi Auto-Alliance et développent un partenariat avec APPLE en la matière.

le groupe chinois DiDi Chuxing + 30 autres marques automobiles visent le marché des taxis uberisés et celui de l’autopartage sur toute la planète avec l’aide d’APPLE

DiDi Chuxing groupe basé à Pékin, qui vise aussi bien le marché des taxis « ubérisés » et le partage de véhicules sur toute la planète, peut déjà se targuer d’être à l’origine de 7,4 milliards de courses en 2017, contre 4 milliards seulement pour Uber…. un réel partage automobile dans l’empire du milieu.

Les principaux constructeurs auto de la planète visent donc le futur marché planétaire de la « non-propriété automobile »la même offre pour tous, dans tous les pays du monde. Seulement cette dérive sociétale est en fait une « erreur mondialisée » chez des constructeurs mal orientés  par les gouvernances actuelles des pays occidentaux qui axent, par analyse trop immédiate, tout développement futur sur la seule urbanisation de la vie … alors que le cow-boy texan, le trappeur canadien, le paysan de la Beauce, l’esquimau du Groenland, les habitants de l’Australie, le gardian de Camargue, l’exploitant d’une station de ski dans le Tyrol, le berger Corse, le riziculteur vietnamien, etc, etc, soit quelques milliards d’habitants de la planète en réalité,  à l’inverse, ne pourront toujours pas louer un pick-up, un suv ou un 4×4, librement à n’importe quel point de la planète.

nos dirigeants « anti-autos » devront bien un jour revoir leurs copies, et les constructeurs également

En fin de compte c’est tout le reste de la planète qui aura toujours l’obligation de posséder une voiture pour ses déplacements quotidiens… mais à l’image de Monsieur MACRON qui ne sait penser notre société française « uniquement » qu’à l’image de ce qu’il se passe, « uniquement » qu’à l’intérieur boulevard périphérique de la capitale, nos dirigeants « anti-autos » devront bien un jour revoir leurs copies, et les constructeurs également.

La France restant la France et surtout Paris, restant « Paris-Parisianisé », après l’exemple d’AUTOLIB, il nous faut revenir au concret de nos administrations, locales (bien souvent mieux gérées) et nationales en 2018 … après les dernières décennies CHIRAC, SARKOZY et HOLLANDE ce que l’on prit, un temps seulement, pour une « solution de génie » au travers de l’invention des multiples « partenariats public-privés », tel que ce « petit » exemple d’autolib’, les très commentés « PPP » !

Ces « PPP » en France s’avèrent aujourd’hui être particulièrement -et comptablement- désastreux- dans quelques cas, comme par exemple, les sociétés élaborées pour construire les lignes TGV, les soi disant « partenariats » de gestion pour certaines autoroutes et autres sociétés visant à construire et gérer certains bâtiments de l’état et/ou administrations … ayant donné lieu à « l’invention » de vraies « usines à gaz » alambiquées, se transformant la plupart du temps en gouffres financiers qui sont, sans généraliser, la plupart du temps prélevés uniquement sur … l’effort partagé et « participatif » des seuls contribuables, qui n’avaient jamais rien demandé de tel ….

L’état et son administration sont-ils si bons gestionnaires que cela de l’argent public ? Vous-vous posez la question ? ….

Michel HUGUES, fondateur du quotidien paca informations économiques

Michel HUGUES

SOURCES : la rédaction, AUTOLIB’, Groupe Bolloré, DiDi Chuxing, automobiles PSA, RENAULT SA, ville de Nice,

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