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DECOUVRIR L HISTOIRE DES ALPILLES au travers de l'Histoire de la Provence !

 

les Alpilles, leur histoire a marqué celle de la Provence : une parcelle de la Provence qui mérite bien mieux que la vision restrictive et "parisianisée" de ce joyaux de notre région

par Michel HUGUES

 

 

040408.provencemagazine.info/pacainfoeco.com - devenue "top tendance" depuis le début des années 90, sous les pas des stars-paillettes qui délaissaient le Luberon et Saint Tropez, les Alpilles ont toujours été un havre de paix avant même la colonisation romaine et un "conservatoire" des arts et traditions du mode de vie rural provençal depuis le moyen âge ! Moyen Age dont la région conserve de nombreuses traces dont plusieurs châteaux forts dont celui des Baux, le plus médiatisé, cache un peu trop la richesse régionale abondante en la matière pour cette région de la Provence.

Ainsi de Barbentane et sa montagnette au nord, au marquisat de Miramas au sud et des portes arlésiennes de la Camargue à l'Ouest jusqu'aux rochers d'Orgon face à Cavaillon à l'est, s'étendent "les montagnes bleues" qu'est la dorsale de chaine des Alpilles (notre photo ci dessus) prise en sandwich entre ses plaines Nord (vers le Vaucluse) et Sud (vers la Crau de Camargue) . Prenez l'habitude en passant sur l'autoroute de la vallée du Rhone après avoir franchis la Durance aprés Avignon en descendant ou aprés SALON en montant, de regarder cette "chaine de hautes colines" qui ne sont jamais pareilles mais bien souvent bleutées !!! pour ma part je n'ai jamais vu un couché de soleil identique sur les Alpilles, et ce, depuis au moins plus de 30 ans !(la suite ci dessous )

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notre carte : le "triangle" des Alpilles entre Arles, Salon et Avignon

 

UN PEU D' HISTOIRE DE LA PROVENCE AIDE A MIEUX COMPRENDRE LES ALPILLES ET SON AUTHENTICITE CONSERVEE ... la Provincia Romana puis Provincia puis "Provence"

 

 

Cherchant de nouvelles routes commerciales les Grecs d'asie mineure, originaires de la ville de Phocée fondent le comptoir de Massalia (Marseille) y cohabitent avec les Ligures avant d'en repartir pour établir nombreux comptoirs jusqu'à la côte espagnole et jusqu'à la côte italienne: Olbia (Hyères), Antipolis (Antibes), Nicoea (Nice), Tauroentum (Saint-Cyr-sur-Mer), et Rhodanousia (Arles) ... les Massaliotes respectent les coutumes locales sans les "helleniser" pour autant! MASSALIA plaque tournante du commerce méditerranéen va ainsi dominer économiquement la Basse Provence et la faire évoluer par une urbanisation organisée sur un plan en damier, proche du concept du pavé mosaïque si cher aux templiers dont les chateaux vont être nombreux dans les Alpilles . Le développement économique de Massalia va alors reposer essentiellement sur la culture de la vigne et celle de l'olivier notamment sur ce qu'est le triangle des alpilles d'aujourd'hui (voir notre carte en haut de page) . Les Celtes, venus d'Europe Centrale au 4éme siècle avant J.c. , envahissent la Provence avant d'aller piller Rome puis Delphes. En provence, c'est l'époque de la création des OPPIDUMS et de la répartition des populations en tribus en réactivité à la supprémacie de MASSALIA les celtes favorisent ainsi les Voconces dans la Drôme, les Cavares dans le Vaucluse (cavaillon) , et les Salyens en Basse-Provence dont la capitale : Entremont (vers Aix en Pce) n'a de raison d'être que pour s'opposer à la domination de MASSALIA. Les Celtes dans cette haine pour les massaliotes iront jusqu'à pactiser avec les troupes d'Hannibal pour mieux contraindre les futurs marseillais qui, eux, vont en appeler à Rome et aux romains pour triompher des ...envahisseurs (déjà l'invasion des "estrangers" en Provence !! ) .

D'ailleurs c'est bien à partir de cette invasion celtique que cette région devient avant même l'arrivée des Romains : "la Province vaincue", la Provence donc !

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En -125, le général Sextius Domitius Calvinus écrase la confédération salyenne et détruit la capitale Entremont non loin de là, il fonde les termes puis la cité d'Aquae Sextiae (Aix-en-Provence) en -122 .avant de "foncer" vers Narbo (Narbonne) ainsi est née la nouvelle province romaine Narbonnaise (la Provincia Romana puis Provincia puis "Provence") d'aix à narbonne via ... la via aurelia qui va traverser les Alpilles jusqu'en direction de l'Espagne alors dominée par les "barbares" carthaginois...l'euroméditerranée avant l'heure!

En -49, Massalia, "la Pompéeienne" et sa région , sont envahies et placées sous le joug de Jules César qui y installe des vétérans dans les cités hellennes d'Arles ou de Glanum. Mais l'intégration de "la Provincia" au sein de l'Empire ne sera réellement effectuée que par l'empereur Auguste (-27/+14). Les vieilles colonies grecques sont élevées au rang de colonies romaines (Arelate, Forum Iulii), et des colonies latines sont fondées (Arausio/Orange, Vasio/Vaison). Sous la Pax Romana, la Provence vit un important développement économique et architectural : Le pays se couvre de théâtres, d'amphithéâtres, de thermes, de villae, d'aqueducs ou de forums. Cette prospérité s'arretera au IIIème siècle lors de la crise générale de l'Empire et des premiers raids des peuples germaniques en Provence de 257 à 275, prémices des grandes invasions barbares.

Viendra ensuite l'arrivée des chrétiens dès le IIème siècle, c'est réellement à partir de la conversion de l'empereur Constantin (313) que sont construits les premiers grands ensembles cathédraux en Arles dès 254, à Marseille en 314, puis à Aix en 408. Les monastères de Lérins (Cannes) et de Saint-Victor (Marseille) seront fondés au début du Vème siècle avant de se convertir en "Provence romane". Le génie chrétien a jeté notamment dans les Alpilles des monuments bien dignes de fixer l'attention. C'est le cas de l' Abbaye de montmajour ses cryptes silencieuses et sombres, où les premiers disciples du Christ venaient prier. Sa tour gigantesque du XIV e siècle dont la légende affirme que Saint Trophime venait s'y reposer des travaux de son apostolat, au début du Ve siècle. Trophime était un grec d'Ephèse converti par saint Paul, qui parle de lui avec tant d'affection dans ses épîtres ; bravant le martyre, il accourut à travers mille dangers, porter l'Evangile, la bonne nouvelle, à la Rome des Gaules (Arles), idolâtre, orgueilleuse de sa puissance et de sa splendeur, Malgré les guerres qui éprouvèrent si cruellement la Provence au Moyen Age, les invasions des peuples qui se disputaient cette belle contrée comme une proie, Montmajour fut, surtout au XIVe siècle, une demeure somptueuse, enrichie qu'elle fut de bonne heure par les dons des fidèles. Cette magnificence devait lui être fatale. Du Guesclin gagnant l'Espagne avec ses routiers, voulut rançonner Arles qui résista.le trésor fut mis au pillage ; l'incendie projeta au loin de sinistres lueurs. Cette rude épreuve servit de leçon. L'abbé Pons de Ulmon fit construire la belle tour de défense, ornée de bossages et couronnée de mâchicoulis. Cette tour supporta plus d'un assaut; fièrement campée en avant du monastère pour le protéger, elle ne put, au XVI e siècle, détourner ce torrent dévastateur qu'on appela les guerres de religion. Montmajour finit par succomber et ne fut plus qu'un monceau de ruines avant qu'un chateau soit construit au dessus Tout cela disparut sous les coups de la Révolution...

 

La PETITE HISTOIRE du MARAIS DES BAUX

Les Romains collectaient les eaux de sources dans les Alpilles jusqu’à la meunerie de Barbegal puis Arles. Des fouilles archéologiques ont permis de mettre en évidence une utilisation des marais par le pâturage des bœufs et moutons et l’exploitation des céréales. Au Moyen Age le terrain était beaucoup plus humide, sans indices de tentatives de drainage systématique. Du 12° au 16° siècle, les Seigneurs des Baux ont exploité le marais pour ses ressources naturelles (roseau, paille, poissons, pâturages…) et comme un moyen de contrôle de l’accès au territoire.Au 17° siècle, les travaux d’assèchement des marais par Van Ens entraînent tensions et conflits entre usages communautaires des marais et opérations de mise en valeur agricole pilotées par des investisseurs extérieurs. Néanmoins les activités communautaires continuent de jouer un rôle important dans les économies locales jusqu’ au milieu du 19 siècle, avec des mobilisations collectives toujours vivaces dans les esprits actuels.

Suite à la distribution des terres au début du 19° siècle et encouragés par divers règlements officiels, la nouvelle association syndicale forcée entreprend le dessèchement des marais dans les années 1850. La pensée dominante du 19° siècle développe ainsi le consensus sur l’intérêt général de la mise en valeur céréalière des marécages paludéens, terres autrement incultes.

Ce sont alors les musulmans qui convoitent la Provence après avoir franchi les Pyrénées, venant d'Espagne. Ils l'envahissent et menacent la domination franque. Charles Martel, les arrête à Poitiers (732), et pour leur barrer l'accès de la vallée du Rhône, veut soumettre les provençaux qui appellent les Arabes à leur secours. Après avoir pillé et saccagé Marseille, Avignon, il dévaste le pays provençal qui a plus souffert de ces bandes de mercenaires que des invasions du Vème siècle. La Provence fait partie de l'empire carolingien, administrée par les comtes et évêques, elle panse ses plaies. L'activité agricole se maintient autour des Villae, vastes domaines autour desquels se regroupe un habitat, mais qui présentent une proie facile pour les nouveaux pirates que sont les sarrasins débarquant sur la côte. Ce sont de véritables razzias par des commandos qui s'attaquent non seulement aux paysans mais aux monastères, comme le plus important d'entre eux, St-Victor qui est détruit, aux villes comme Marseille, pillée et saccagée.

En 883, les Sarrasins s'installent dans les Maures, àFraxinedum, place à partir de laquelle ils peuvent lancer des raids dans l'arrière pays sans être véritablement inquiétés. La sauvagerie de leurs méfaits a été telle qu'elle a profondément marqué le coeur du provençal et qu'il a aujourd'hui encore ce sentiment d'insécurité peut-être même en exagérant les méfaits de ces pirates. Il faudra attendre l'intervention de l'abbé de Cluny, Mayeul, et de Guillaume, comte de Provence, pour que la Provence soit délivrée en 972.

C'est alors l'apogée au cours de ce XIIIe siècle, de la commune des Baux de Provence qui comptait plus de 3 000 habitants, (le deuxième bourg de la contrée) avant de se déserter peu à peu : pour faillir disparaitre au début du 20ème siècle dernier (en 1931, il n'y avait plus que 64 personnes vivant aux Baux) alors qu'aujourd'hui plus d'un million de visiteurs chaque année, venant du monde entier, l'été, assistent à la patiente restauration et de la protection des restes du vieux village.

Les comtes catalans vont reigner sur la Provence peu de temps avant les rois angevins à partir du mariage de Béatrix, héritière de la Provence, qui l'apporte en dot en 1245 à Charles 1er d'Anjou. Puis la reine Jeanne, fille de Robert d'Anjou abandonnera Avignon aux Papes pour 80.000 florins, une misère. Les papes étendront leur petit royaume par des échanges et des achats avec régularité. Les souverains pontifes, Clément V puis son successeur, Jean XXII séjournent à Avignon. Benoit XII construit le palais papal, l'insécurité régnant en Italie. La Provence subit alors les affrontements entre les branches de la famille d'Anjou. Les épidémies de peste de 1347 à 1371 vont l'affaiblir et une partie des terres, de Nice à Barcelonnette, sera donnée en 1388 au Comte de Savoie. Troubles politiques, peste, guerre de clans et luttes religieuses entraîneront ensuite la Provence dans une chute démographique et dans le dépeuplement des campagnes.

L'art roman va alors se développer en Provence avec l'édification des trois soeurs cisterciennes : les abbayes de Sénanque, Silvacane et du Thoronet , de nombreux actes d'habitation (véritable charte d'urbanisme) vont permettre à une population surtout italienne de venir construire en Provence des villages et de faire fructifier les terres incultes par le système des restanques ; parmi eux, les Vaudois du Piémont viendront s'installer dans le Luberon voisin C'est l'époque du Roi René, dont le règne particulièrement long (1436-1480) permettra un essor économique, le repeuplement des campagnes, l'activité des foires et du commerce. Une véritable cour s'installe à Aix, dans son palais, où il séjourna pendant les dix dernières années de son règne, cour fastueuse mais dispendieuse : mécénat, musique, chapelle royale, remaniement du château de Tarascon et construction de bastides entre Aix et Arles : les Alpilles s'endorment un peu entre marquisats et vicontats.

 

La communauté israélite était plus qu'importante au début du au moyen-âge à St-Rémy, principalement dans la rue Millaud nommée à l'époque "la juterie" . La réunion de la Provence à la France les chassa au cours des années 1500. Ils durent alors se réfugier sous la protection du pape en Avignon puis dans le comtat Venaissin.

 

Louis XI confie à Palamède de Forbin le soin d'intégrer la Provence au royaume de France. La Provence conserve son unité et une partie de ses institutions. A peine délivrée des armées de l'empereur Charles Quint, la Provence va souffrir atrocement des guerres de religion. Les juifs, les vaudois, sont persécutés et à partir de 1545, les affrontements impitoyables entre catholiques et protestants vont à nouveau entraîner une période d'insécurité. L'agrandissement des arcenaults des galères de Marseille et la création du port de Toulon vont créer alors l'arrivée d'une espèce végétale non provençale : le pin d'alep importé depuis le Liban qui va alors envahir une région qui n'est pas la sienne : La Provence ! Les grandes villes vont alors s'urbaniser les villages s'agrandir mais le climat d'insécurité oblige la plupart des paysans à résider à l'intérieur des remparts. Ils ne gardent en plaine qu'un cabanon des vignes . La Provence argue de ses privilèges pour refuser toute augmentation de l'impôt demandé par le Roi.

 

Marseille entre ainsi en rébellion ouverte contre l'autorité royale. Louis XIV décide de soumettre la rebelle et de la frapper d'une lourde contribution. Il entre dans la ville le 2 mars 1760 et décide la construction des forts St-Nicolas et St-Jean pour assurer la surveillance de cette turbulente cité. Cette soumission au roi allait finalement porter ses fruits dans le développement de petites villes par l'implantation des villages en plaine, aux carrefours des voies de communication, vont peu à peu permettre une nouvelle exploitation des sols. De grands travaux sont entrepris comme l'assèchement des marais notamment ceux ds plaines des Alpilles et ceux de plaine aixoise permmetant une nouvelle agriculture et un élevage intensif.La Provence va s'endormir jusqu'à la révolution .

 

Marseille avec ses cent mille habitants dépasse de beaucoup toutes les autres agglomérations . De nombreux scandales touchent la noblesse notamment avec le marquis de Sade et le comte de Mirabeau dont les diverses résidences en Alpilles et en Luberon auraient cachés parait-il bien des soirées bizzares . La Provence se jette ensuite dans la révolution et en 1790 des émeutes populaires s'appuyant sur le prix du pain et l'abus des stocks de blé, s'accompagnent de revendications politiques, s'en prennent aux seigneurs et aux notables dont on brûle, on pille les résidences. En juillet 1792, Marseille envoie un bataillon de 500 fédérés pour défendre la nation face à l'avancée des Autrichiens. Ils en profitent pour renverser la monarchie. Marseille, touchée par le blocus qui frappe les Anglais, s'insurge et prône une organisation fédéraliste du pouvoir. Comme toujours, divergeante, Toulon n'hésite pas à ouvrir son port aux Anglais. Napoléon Bonaparte est envoyé pour remettre Marseille et Toulon dans le droit chemin. Les Alpilles, Avignon et le contat venaissin se replient alors sur eux même et vivent en quasi autarcie

 

Sous le second empire la situation des agriculteurs reste stagnante et la production traditionnelle : blé, élevage de moutons, oliviers et vignes; elle se maintient sans véritable progrès aussi l'exode rural va faire chuter les populations des colines et des montagnes de façon considérable mais dans les plaines les grands domaines se modernisent : recul de la jachère, développement de nouvelles zones agricoles par le système des terrasses, des assechements et l'emploi des engrais. C'est sous le Second Empire et la III République que les grandes villes, surtout Marseille, Avignon, Toulon, deviennent des cités modernes. L'extension du trafic ferroviaire va permettre le transport des marchandises et une plus grande spécialisation de la production : maraîchers, primeurs, fleurs. Autrefois répendue dans toute les alpilles, la culture de la garance tuée par les colorants chimiques, accompagnera le déclin de la sériciculture au moment où l'élevage du ver à soie donnait un plus au revenu de l'agriculture, de même la crise du phylloxéra qui va stopper les étendues vinicoles seule l'oléïculture semblera un moment épargnée ... Michel HUGUES

 

merci à ceux qui m'ont aidé dans mes recherches : Association Généalogique des Bouches-du-Rhône - parc naturel des alpilles - ville d'aix en provence
 
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