Vendredi
22 Décembre 2006
Etude
symbolique de La coutume provençale
des 13 desserts et du repas
de Noël en Provence :
Noël
en Provence : la culture des symboles !
Par Michel HUGUES

Cette
coutume célèbre en fait le
Christ et ses douze apôtres tout
en y ajoutant le symbole des 4 mendiants;
les ordres religieux vivant jadis de l’aumône
:- Figo séco, les figues sèches
(représentant les Franciscains) Lis Amelo,
les Amandes (représentant les Carmélites
aux pieds nus) Li passariho ou panso pour les
raisins secs (représentant les Dominicains)
Noisettes ou noix (représentant les Augustins).
Autre geste symbolique obligatoire également
- celui de rompre la pompe à
l'huile manuellement alors qu'en utilisant
un couteau : ... c’est sur, vous serez
ruinés dans l'année certainement
en rapport avec le "pain rompu" de
la Cène.
Des
écrivains de prestige ont écrit
à ce sujet notamment Marie Gasquet,
de Saint Remy de Provence vers 1870,»
il faut 13 desserts, 13 assiettes de friandises,
12 qui versent les produits de la maison, du
pays, du jardin, et la treizième, beaucoup
plus belle, remplie de dattes.". Mistral,
lui, "uno sequèlo de privadié
requisto" (une quantité de friandises
exquises).
La tradition de Noël en Provence c'est
aussi l'art
de mettre la table :
tout d'abord il faudra mettre 3
nappes l'une sur l'autre puis
décorer la table avec 3
bougies, 1
gros pain et 12 petits pains,
1 pincée de gros sel, 3
assiettes de blé en herbe
planté dans du coton et semé le
jour de la sainte barbe le 4 décembre
, 3 bougies et/ou
chandeliers, des têtes
d'ail germées, du petit
houx, mais surtout
JAMAIS de GUI , réputé
porter malheur pour les vrais provençaux
... (ndlr : je l'ai toujours malheureusement
constaté à titre personnel...mais
cela ne veut rien dire il est vrai) ....
En Provence, le repas traditionnel du réveillon
de Noël est appelé "le
gros souper" toujours pris
après la messe de Minuit ... cette tradition
de Noël en Provence est donc avant tout
une tradition chrétienne catholique !
Blé
et lentilles en herbe © mh 06
- Les
plats traditionnels de ce repas qui
a toujours été un repas simple
et frugal composé
de plusieurs plats qui peuvent
dans certaines traditions familiales être
au nombre de
7 comme les 7 douleurs de Marie
.
morue en raîte © mh 06
- On relève avant tout le gratin
de cardes ou cardons à
défaut de choux fleurs pour les familles
rurales habitant les terres de l'intérieur
de la Provence d'Aix en Avignon et jusqu' à
Sisteron ou la morue
en Raïte (découvrez-en
la recette inscrite au patrimoine gastronomique
national)
pour les gens du littoral mais en aucun cas
ce "gros
souper" ne doit jamais
comporter de viande . Il se termine comme on
l'a décrit plus haut par un
nombre
rituel
de treize desserts symbolisant
le Christ et les douze apôtres.
nougat
noir d'Allauch © mh 06 Ces
13 desserts
doivent être servis en même
temps et chaque convive doit obligatoirement
les goûter tous. Reprenons :
Ils sont composés de pâtisserie
et de fruits : - Des fruits secs appelés
les quatre mendiants,
par analogie avec les robes des ordres mendiants
: - les raisins secs : pour les Dominicains,-
les figues sèches pour les Franciscains,-
les noix pour les Augustins- les amandes pour
les Carmes ; les
dattes symboliseraient le christ
venu d’orient. Viennent ensuite les 3
gâteaux sucrés véritables
offrandes précieuses préfigurant
l'arrivée des 3 rois mages
©
mh 06 - la
pompe à l'huile qui doit
être de pâte dure et en aucun cas
briochée comme trop d'officines le pratiquent
désormais - le nougat
blanc (représentant le bien)
et le nougat noir
(représentant le Mal) ,
à ce titre ne jamais prendre des nougats
de Montélimar quoique excellents, les
nougats provençaux comme le nougat d'Allauch
ou celui de Fouque dans le
Var étaient jadis enveloppés dans
une feuille d' osties , bénies au préalable
par les curés de ces villages ;
fruits
confits d'Apt © mh 05 Des
fruits confits
(d'Apt ou d'Aix en Provence) , des fruits
secs (raisins, abricots, pruneaux
et surtout des figues
sèches et/ou des fruits
frais, en particulier pommes,
mandarines, oranges et du melon
vert et des raisins non secs
spécialement conservés depuis
le début de l'automne sur des clayettes
dans les greniers pour la Noël démontrant
la richesse agricole et le savoir faire du maître
de maison et les chocolats
(uniquement chez les familles les plus riches,
jadis) les confiseries
pâtissières comme
les pâtes de coing, les calissons et surtout
les oreillettes
(découvrez-en
la recette inscrite au patrimoine gastronomique
national) , les suces
miel, les biscotins , croquants ou croquettes
en hommage à la beauté et à
la gourmandise de la maîtresse de maison.
Il n'y a pas de repas de Noël sans vin
cuit que l'on boit en fin de
repas avec les 13 desserts ...
pate
de coing maison © mh 05 - il
convient de laisser ce soir là un couvert
libre et une chaise vide à cette table
... la part du
pauvre ! Coutume respectée
de longue date et donnant toute sa dimension
au sens de l'altruisme et à l'humilité
jadis enseignées et cultivées
dans les familles ... (aujourd'hui on a plutôt
tendance en la matière à «
staracadémiser » de façon
cathodique ou numérique des ... enfoirés
moins virtuels par contre, pour se donner bonne
conscience face à la pauvreté..
le monde change mais pas en bien ! » .
En fin de repas, on ne débarrasse
jamais la table quand les convives sont partis
, on remplit l'assiette du pauvre et on
remonte les 4 coins des 3 nappes de
façon à ce que tout le repas entier
soit à nouveau mangé par
les défunts de la famille qui
reviennent toujours pendant la nuit de Noël


Enfin
n'oublions pas de préciser que tout
repas de Noël en Provence commence par
un premier rituel : la personne
la plus âgée et l'enfant le plus
jeune (qui en fonction de son âge peut
être aidé en l'occurrence par un
de ses parents)- duo par ailleurs symbolisé
dans les santons de la crèche par le
santon double « le vieillard et l'enfant
»- doivent se saisir d'une seule
et jolie bûche, chacun en tenant
une extrémité , et
faire 3 fois le tour de la table dressée
devant les autres convives puis
déposer la bûche dans l'âtre
enflammé et l'aieuil de l'assemblée
se saisissant d'un verre de vin cuit et le faisant
couler de droite à gauche sur la bûche
qui prend feu, prononcera alors la phrase traditionnelle
.. « à l'an que vein se sian pa
maï que segan pa mein » (à
l'an prochain si nous ne sommes pas plus nombreux
surtout que nous ne soyons pas moins ».
C'est alors le moment pour
l'enfant le plus jeune (l'heure
légale de minuit étant en général
largement dépassée) d'aller
placer le santon symbolisant Jésus dans
la crèche d'où
il avait été soigneusement tenu
écarté depuis la construction
en général lors du 1er dimanche
de l'avant jusqu'à cet instant ... symbolique
! Il revient enfin toujours à
l'Aïeul de rompre la pompe
à l'huile (découvrez-en
la recette inscrite au patrimoine gastronomique
national) et d'en faire la distribution
à chacun des convives représentant
ainsi le partage de ses richesses et de son
savoir faire.
pompe
à l'huile © mh 03
Le
geste symbolique de l'aïeul sur un bout
de bois en feu ayant été galvaudé
depuis près d'un siècle par l'arrivée
sur les tables de la bûche pâtissière
...alors si vous n'avez pas de cheminée
vous pouvez verser quelques goûtes de
Vin cuit sur
ce gâteau ou cette glace ... et prononcer
les mêmes mots ... attention aux tricheurs
...il n'y a jamais eu de champagne en Provence
... du vin cuit uniquement ! à défaut
de vin cuit ( Ndlr : qui ne s'obtient
qu'avec du jus de raisin au moment des vendanges
,à l'aide d'un chaudron de cuivre disposé
sur un foyer de braises douces et non ardentes
dans lequel on laisse réduire
de moitié le liquide en tournant constamment
avec une longue cuillère de
bois ) - vous pouvez vite faire
cuire dans une marmite en cuivre (les
anciens le faisant toujours dans un chaudron
de cuivre et au feu de bois) et sans le
faire bouillir , un peu de vin rouge avec beaucoup
de sucre, un peu de cannelle, un peu de verveine,
des raisins et des abricots secs, des grains
de raisin frais écrasés et quelques
amandes pilées; un bâton de vanille
ouvert en deux, puis laisser refroidir et enfin
filtrer le liquide ainsi obtenu qui
ne sera pas un vrai vin cuit mais en
sera assez proche sur le plan gustatif , les
puristes m'excuseront pour cette incitation
au déviationnisme !
Sachez
dans tous les cas profiter pleinement de cette
soirée
calendale (li calendo
: tout ce qui a trait à Noël),
soirée magique pas comme les autres,
et toujours..
« la vivre -comme le dit la tradition-
comme si c'était la dernière!
», car ... c'est
un réel don de dieu ! – joyeux
noël à tous ! - Michel
HUGUES (contacter
michel hugues)
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vers 1900. Lisa, fille du comte Lichtenfels,
s'éprend du prince chinois
Sou-Chong. Elle le suit en Chine,
mais elle est très vite déçue
par la vie et les murs de l'Extrême-Orient.
Malgré sa très grande
tristesse, le prince va finir par
lui rendre sa liberté
en
répondant immédiatement
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