LANGOUSTES à l'Américaine

La sauce dite « sauce à
l’américaine » n’est
assurément pas une recette originaire
à 100 % de la méditerranée
; une convenance «sociétale»
accorde la probable origine à la recette
de « l’armoricaine » qui par
la magie du langage marseillais (avant tout)
est devenue localement au fil du temps «
…à l’américaine »
… ! Concernant les fameuses langoustes
à l’américaine
… il s’agira pour les provençaux
de célébrer avant tout un grand
moment familial plutôt que de célébrer
un grand moment gastronomique … d’autant
que le déviationnisme actuel des pratiques
culinaires sudistes consiste à mettre
un surplus de piments ultra forts dans ce plat
... depuis 1961 … alors que ce ne fut
jamais le cas; depuis l’origine, la
cuisine provençale n’étant
–rappelons-le une fois de plus- par
essence jamais épicée
mais … aromatisée d’une
infinité de parfums différents,
tout simplement !

Ingrédients
: pour 6 personnes prendre
6 langoustes portions, 1 oignon, 2 carottes,
1 poireau, 2 gousses d’ail, 1 câpre
de belle taille, une petite bote de persil,
du thym (ou farigoule), 1 dose de safran,
1 verre de cognac ou de marc du garlaban,
du fenouil sauvage en grain, 4/5 tomates
épépinées, de 50
cl à 100 cl de vin blanc de cuisine
selon le nombre de langoustes, 1 citron,
1 écorce d’orange séchée,
10 gr maxi de maïzena, poudre de
noix de muscade, concentré de tomate,
1 pomme de terre bouillie, 1 ou 2 grains
de sucre, sel poivre, un peu de piment
doux, jamais de piment de cayenne.
Avant
de cuisiner il vous faudra choisir la
façon de présenter les langoustes
à vos convives … 1/
entières et dans leur sauce
(toutes nos photos
originales ci-dessous) ou
bien 2/grillées, présentées
en quartiers et accompagnées
d’un peu de sauce (voir
en bas de page).

La recette traditionnelle
de nos grand'mères :
prendre des langoustes vivantes (mais
de simples queues surgelées feront
bien l’affaire ou même de
grosses crevettes gambas), dans une
grande marmite mettre de l’huile
et 2 noix de beurre. Faire fondre et bien
mélanger avec une cuillère
en bois, mettre les langoustes dont on
aura auparavant fendu la coquille
d’une fine entaille sur
le dos ou sur le ventre afin de rendre
parfaite, la cuisson de la chair, il faut
également prélever les abats
des langoustes ainsi que le corail dans
la tête que l’on réservera
dans une assiette voisine .
Dans
le cas donc, de langoustes vivantes
après la cruelle entaille
de la carapace, déposer les langoustes
sur le fond de l’huile chaude et
poursuivre la très barbare
cuisson ajouter à ce moment
un peu d’oignon haché faire
tourner chaque bête sur toutes ses
tranches ; on remarque alors que les carapaces
deviennent rouge- oranger et blanches
alors qu’elles étaient plutôt
vertes et jaunes,au départ ; C’est
alors le moment de flamber à
même la marmite, ces «
pauvres bêtes » avec du marc
... de Provence, du Garlaban ou bien de
cognac, armagnac ou même calvados,
point trop n’en faut. Réduire
le feu ! Réduire le feu et
observer à l’œil l’égale
cuisson de chaque bête,
saler, poivrer; puis réserver au
chaud
Déglacer
alors le fond de marmite avec
un peu de vin blanc, ajouter les tomates
épépinées, les grains
de fenouil sauvage séché,
le restant d’oignon haché,
quelques brins de persil , les carottes
épuchées et hachées
fines, l’écorce d’orange
séchée en plusieurs petit
morceau, saler poivrer , bien tourner
avec une cuillère en bois, ajouter
un peu de piment doux et le complément
de vin blanc et à feu doux, laisser
cuire pendant au moins 20 minutes.

Dans
un « ailé »
ou mortier, déposer les
abats des langoustes, leur corail, une
gousse d’ail, du sel, du poivre,
du safran, 1 câpre de belle taille
ou 2 ou 3 selon leurs tailles et un jaune
d’œuf . Comme pour la
sauce rouille ajouter une
pomme de terre bouillie en morceau, puis
agir avec le pilon pour monter cette sauce
de corail de langouste avec un filet constant
d’huile par forcément d’olive
d’ailleurs, une fois la sauce arrivée
à un volume moyen, réserver.
On
revient alors vers la marmite et son fond
de légumes dans lequel on va faire
agir un mixer-baton de
façon à réduire en
liquide épais qu’au
besoin on passera au chinois pour obtenir
une constance plus voluptueuse qu’épaisse
mais sans grumeaux, ajouter un jus de
citron et un peu de safran. On ajoute
à cela le concentré de tomate,
on corrige avec un peu d’eau, de
vin blanc, de la maïzéna afin
de corriger tout excès de liquidité,
saler, poivrer à nouveau, goûter
à chaque étape et enfin
on y délayera la pâte de
corail obtenue auparavant dans l’ailé.
Notre petit «plus»,
les tomates, le citron, l'alcool fort,
la pâte de corail et le concentré
de tomate, ont toutes les chances de présenter
une amertume indésirable,
à cette onctueuse sauce que l’on
effacera avec un grain de sucre que l’on
écrasera puis ajoutera au contenu.
Bien tourner toujours avec une cuillère
en bois et laisser chauffer à feu
très, très bas tout en tournant.

C’est
fini. Il vous reste soit à
introduire les langoustes cuites réservées
dans ce velouté si particulier
de tomates de Provence et d’en prolonger
la cuisson durant 15 petites minutes minimum
(ne pas oublier de tourner régulièrement)
… ou bien de servir vos
langoustes cuites, à l’assiette,
accompagnées d’une présentation
de riz cuit à l’étouffée,
riz aux 3 grains de Camargue ou tout autre
riz sur lequel vous allongerez une petite
rivière de sauce à l’américaine
… dans le cas des langoustes cuites
dans la sauce à l’américaine
… il peut même être
conseillé de cuire la veille et
de réchauffer à feu doux
le lendemain .
On
peut boire tout type de vin avec
les langoustes à l’américaine
… la mode actuelle et les usages
courants est au rosé de …
Provence, à la véritable
origine il n’en était rien,
les rosés étant
historiquement fort peu prisés
en Provence jusqu’à la seconde
guerre mondiale, on réservait
pour ce plat un vin blanc «costaud»
de Cassis ou bien un simple rouge rafraîchi
ce qui va très bien avec les langoustes
à l’américaine …
essayez vous verrez !!! Les anciens n’avaient
pas toujours tort !
Michel
HUGUES ©
2007