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Le Magazine des arts de
vivre en Provence
©
PACAINFOECO.com 2002
Provencemagazine.info
5ème
année 2008/03-
la Provence pour
ceux qui y vivent !!!
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Un
vrai quotidien régional, en Provence
depuis 6 ans, fait
par des journalistes professionnels,
le premier du genre en France et Surtout
pas un blog ! Dans tous les cas nous
nous refusons à faire un "journalisme
de constat" comme partout ailleurs
(vous n'avez pas besoin de nous pour
découvrir que tout va mal et
pourrait aller mieux, comme on vous
le serine chaque soir au 20 heures).
Un
regard, un recul sur l'actualité
chaude, un contenu éditorial
différencié de la masse
identitaire , des analyses, des spécialistes,
des commentaires, de vrais journalistes
professionnels appliquant au net,
la déontologie professionnelle
des titulaires la carte de presse
et ce, depuis 5 ans déjà
. Nous sommes totalement indépendants
et surtout apolitiques à 100
% . tout comme nous essayons
de nous tenir à l'écart
de nos convictions et/ou préjugés.
Nous n'avons jamais reçu le
moindre euro de subvention des autorités
régionales qui ont pourtant
été fort généreuses
auprès de créations
dans les nouvelles technologies parfois
fort douteuses !!! Enfin , nous sommes
un vrai média régional,
qui ne LECHE jamais, ne LYNCHE jamais,
mais ne LACHE jamais !
la
rédaction de paca informations
économiques est membre de

et
parraine avec amnisty international
le journaliste cubain
Ricardo
González
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Les
bons "mots" de la Provence
<
retour vers la page les bons mots ou expressions
de Provence
lou
gabian (le goéland
en provençal)
Ainsi, notre mouette n’en serait pas une ! Ce
serait plutôt, nous dit-on, un goéland
! Qui plus est, ce goéland serait «leucophée».
Ce compagnon si commun du paysage maritime aurait
même un nom scientifique : «Larus cachinnans
michabellis», mais ne l’appelez jamais
ainsi, il rirait de vous. Plutôt discret, le
gabian se manifeste par son rire criard et sonore
qui surprend par sa soudaineté. C’est
alors qu’on le découvre, posé
à quelques mètres, nonchalant, vestige
immobile et indolent. Le gabian attend. Il semble
d’ailleurs attendre depuis des siècles
tant sa présence nous est familière.
De ses yeux malicieux, il constate les profonds changements
qui affectent son mode de vie depuis deux décennies.
La faute à notre civilisation. Généreuse
en déchets nutritifs, elle bouleverse ses habitudes
piscicoles en régime alimentaire particulièrement
détritivore, sa vie en est depuis grandement
simplifiée. Il se reproduit allègrement,
tout en colonisant de nouveaux espaces, imposant parfois
une présence encombrante. Le phénomène
n’est pas récent et ne semble pas inquiéter
les ornithologues, il est vrai que l’empreinte
du goéland affecte surtout le littoral où
sa présence est plus habituelle.
Oiseau mal aimé, il a su, avec le temps, se
faire oublier des hommes. Depuis, les deux espèces
se côtoient en s’ignorant et aucune ne
semble s’apprécier ou éprouver
une quelconque sympathie, sauf peut-être les
marins. Ils se sont habitués l’un à
l’autre et pour les pêcheurs le goéland
est un peu leur baromètre, leur grenouille
météo: « Quoura lou gabian venoun
au ribas, marca de marrit tems » Quand les gabians
viennent à terre, signe de mauvais temps. L’adage
est ancien, le temps a permis de le confirmer. On
pourrait même leur trouver une certaine similitude,
à trop naviguer ensemble et à trop se
côtoyer, ils ont fini par se ressembler. Sitôt
rentrés au port, ils se tournent vers le large
et regardent l’horizon, c’est la mer qui
veut ça. Peut être quelque effet du mimétisme
! La frénésie alimentaire du gabian
est légendaire à tel point que ses comportements
boulimiques ont marqué le langage . «A
la malautié dòu gabian, la tèsto
malauto e lou bè san» Il a la maladie
du gabian, la tête malade et le bec sain. Voilà
une expression qui désigne celui qui, malgré
sa folie, n’en garderait pas moins un excellent
appétit. Perdre toute retenue pour manger et
avoir une humeur influencée par la faim, voilà
une attitude qui n’est exclusivement pas réservée
à ces volatiles.
Tel est le gabian, fantasque et d’une faim insatiable
qui lui fait d’ailleurs souvent perdre toute
prudence, il occupe dans la mémoire des pêcheurs
une place à part. Lors de vos promenades maritimes,
si vous êtes surpris par l’attitude respectueuse
que certains marins ont à son égard,
ne soyez pas étonnés, ils se souviennent
que malgré le temps qui passe, le gabian incarnera
toujours l'âme des marins disparus en mer apportent
un profond changement auquel se plie volontiers notre
« gabian » piscicole. et dont notre société
de consommation est partiellement responsable Ils
ont progressivement déplacé leurs aires
de nourrissage vers les déchetteries à
ciel ouvert, situées parfois loin du littoral,
où des centaines d’individus trouvent
une nourriture abondante et très accessible.
Le goéland a su se rendre indispensable. Grâce
à lui, des générations de pêcheurs
ont pu prévoir le temps, il est leur baromètre
météo. Ses prémonitions sur les
vents sont aussi fiables que ceux de la grenouille
sur la pluie et ses comportements stéréotypés
sont autant de présages qui ont valeur de quasi-certitudes.
Les marins provençaux apprirent à vivre
avec cet étrange compagnon dont ils partagent
le quotidien. Bien des pêcheurs à la
traîne se plaignent à juste raison de
sa voracité, car tout nage ondulante l’attire,
factice ou naturelle il plonge sans aucune retenue
sur le leurre. La surprise est souvent partagée,
le goéland par un poisson en plastique lardé
d’hameçons en guise de sardine et le
pêcheur, par sa ligne tournoyant au dessus de
sa tête ; un poisson-volant au bout. Il est
un indicateur de poisson utile au pêcheur. Chaque
mouvement d’aile rempli d’espoir le débutant
qui le cherche désespérément
à chacune de ses sorties en bateau. Sondeur
et mouette ; voilà les deux mots-clefs inévitables
que chacun devra posséder dans son vocabulaire.
Si le gabian garantit la présence du poisson,
il ne donne malheureusement aucun secret pour l’attraper,
bien des efforts seront encore à consacrer
à la mer pour élucider les mystères
de la pêche.
Denis
IBERTI
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