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Les citations de paca informations économiques

une info pacainfoeco.com FACE A LA CRISE ECONOMIQUE DEVENEZ PHILOSOPHE AVEC PACAINFOECO.COM
pacainfoeco.com le point de vue du philosophe
thierry AYMES professeur de philosophie Par Thierry AYMES , professeur de philosophie

pacainfoeco.com Le Sublime touche, le Beau charme(Emmanuel Kant/1724/1804)

01.04.09 - Dans un style auquel il ne nous a guère habitué, Emmanuel Kant tente une distinction conceptuelle entre le Sublime et le Beau 17 ans avant sa Critique de la Raison Pure.  Le texte est en effet surprenant qui nous autoriserait presque à voir en l’auteur comme l’un des précurseurs du romantisme, alors que ce courant artistique ne verra officiellement le jour qu’avec Novalis à la lire la suite de cette analyse ?

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pacainfoeco.com « Camarades, dites-nous ce que vous voulez, nous vous expliquerons comment vous en passer. »  Michel Colucci, dit Coluche (1944-1986) 26.03.2008.pacainfoeco.com - C’est l’histoire d’un mec...vraisemblablement à la tête du parti communiste, qui s’adresse à ses camarades, comme ils disent :  Que voulez-vous ? Nous voulons ceci et cela !  Bien !  Il va falloir faire sans les mecs !  Mais ne vous inquiétez pas, nous allons faire en sorte que vous n’en  souffriez pas Qui parle ici réellement ?  Coluche ou Michel Colucci ? - lire la suite de cette analyse ?

pacainfoeco.com "Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait." (Henri Estienne/1528-1598)

23032009.pacainfoeco.com - Tout le monde connaît cette phrase désormais proverbiale, mais peu d’entre nous savent qu’elle est extraite de l’ouvrage « Les prémices » de Henri Estienne ; voilà que cette lacune est réparée. De l’ignorance initiale à l’impotence cruelle, nous irions donc, inexpugnablement. 
La vie serait-elle mal faite au point que jeunesse et vieillesse ne pussent envisager un mariage heureux ?  Monsieur Estienne ne paraît pas en douter.  Ces épousailles ne sont-elles pas le rêve où s’origine le défis scientifique ultime ?  La quête faustienne et prométhéenne d’une éternelle jeunesse éclairée cependant par cela seul que la vieillesse est susceptible d’apporter ?
Mais qu’y a-t-il à savoir que l’auteur semble regretter de ne pas avoir su à temps ?  Que faudrait-il encore pouvoir que l’on ne peut plus accomplir, alors que l’on sait enfin ? 
Sans doute répondrait-on rapidement que la jeunesse ne sait pas qu’elle est aux prises avec ses illusions quand la vieillesse ne peut plus vivre sa lucidité. Sans doute manque-t-elle de cette expérience réduite à n’être plus que vagues reliefs à un âge où l’on est plein d’avoir vécu certes, et cependant incapable de vivre sa science.
Mais la jeunesse et la vieillesse vont-elles de soi ?  Suffit-il de se référer à l’âge objectif de tel individu pour le ranger d’un côté ou de l’autre de la vie ?
Il n’est que de se rappeler la très célèbre phrase de Picasso pour ne pas répondre précipitamment à ces questions:     « On devient jeune à soixante ans ». La jeunesse, tout comme la vieillesse, n’est possiblement pas une affaire de naissance, mais de devenir.  Elle est à gagner…mais soyons honnêtes et ajoutons l’autre moitié de la citation qui satellise ce génie dans la périphérie de l’écrivain qui nous intéresse ici, il écrit : « Malheureusement, c'est trop tard. ».  Décidément !  Mais trop tard pourquoi ? 
Parce qu’il y a la mort et que l’on est jeune, dans le meilleur des cas, quand notre corps lui, ne l’est plus; parce que l’on est jeune encore quand on s’est débarrassé de tout ce qui nous a permis de grandir et qu’il court à rebours de notre élan ; quand in extremis il ne reste plus que soi, par delà les masques d’une culture que l’on précède enfin (je parle des génies) et que nous nous défaisons irréversiblement par ailleurs. En ce sens, « être jeune » ou « créer » sont synonymes, soit, mais ils sont inaptes à conjurer notre finitude.  Cessons donc toute mystification et tâchons de répondre simplement à la question :

- A partir de quand sommes-nous vieux ?
-  Quand le corps ne permet plus à notre fougue de faire loi; quand, en dépit de notre vœu le plus cher, nous sommes
irrémédiablement pris dans un ultime reflux qui interdit l’immortalité.

« Encore faut-il donc que fougue il y ait !» me direz-vous.  Encore faut-il que désirs se fassent entendre, et désirs d’un certain ordre, pour éprouver la douleur de ne plus être capable de les accomplir.  C’est vrai.  Si certains désirs ne se font plus pressants une fois aux alentours d'un âge avancé, la peine de ne plus pouvoir les concrétiser ne pèse plus.  Si souffrance il y a, elle est d’un décalage, d’une inadéquation entre la vigueur orgueilleuse d’une fièvre et l’aveu d’impuissance d’un corps fatigué.  L’athlète qui, passé cinquante ans, s’acharnera à battre le record du monde du cent mètres fera preuve de bêtise, de même le joueur d’échec dans son domaine. 
C’est à ce point précis que la philosophie peut être salutaire.  En tant qu’elle peut nous apporter la sagesse, à la suite d’une analyse rationnelle de notre condition.  Qu’est-ce à dire ?  Que le rationnel conditionne le raisonnable, qu’une mauvaise approche de soi est bien souvent responsable de notre malheur.   Que Monsieur Henri Estienne n’était pas philosophe dans la mesure où il semble affecté du fait même de sa condition de mortel.  S’il regrette que la vieillesse "ne puisse plus" alors qu’idéalement il serait bon qu’elle pût encore, c’est qu’il ne sait peut-être pas qu’il existe un art de vivre au présent qu’il s’agit d’observer, en même temps qu’un génie propre à chaque période de la vie qu’il s’agit de respecter.
Mais nous pouvons tout aussi bien, jusqu’à ce que le corps caricature la prison qu’il est d’emblée selon certains, feindre de ne rien savoir de sa décrépitude et briller autant qu’il se peut jusqu’à mourir foudroyé, comme pris par surprise, à la façon de Molière qui donna sa révérence au sens propre et au sens figuré, en s’effondrant sur scène.   © pacainfoeco.com - Thierry Aymès

thierry aymes professeur de philosophie - Thierry AYMES – professeur de philosophie - conseiller de la rédaction de pacainfoeco.com

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pacainfoeco.com "le journalisme c'est l'art d'accorder de l'importance aujourd'hui à ce qui n'en aura pas demain" André GIDE (1869-1951)

17032009.pacainfoeco.com - Bonne nouvelle, le journalisme est quand même un art, c’est à dire une technique, un savoir-faire que tout le monde n’a pas et que certains peuvent se vanter d’avoir acquis !  Il y a des écoles pour ça et tout le monde n’en sort pas nécessairement avec le diplôme convoité.  La première fut l’ESJ, créée en 1900.  L’ironie veut qu’elle vit un professeur y enseigner l’économie qui répondait au nom de Charles…Gide, l’oncle d’André. Reste à savoir à quoi sert cette technique.  Le moins qu’on puisse dire est que l’auteur (entre autres) de « l’Immoraliste » n’y va pas avec le dos de la cuillère. Sans doute, comme beaucoup d écrivains, n’a-t-il pas résisté à la tentation d’écrire une phrase piquante. 

A moins qu’ils ne confondent authentiquement les vessies avec les lanternes, à moins qu’ils ne soient les dupes rêvées des miroirs aux alouettes en tous genres, les journalistes sont plutôt des mystificateurs, des illusionnistes  qui semblent essentiellement se concentrer sur l’actualité de seconde zone, celle qui ne fait pas l’histoire.  Leurs annonces ont le plus souvent « un destin de feuilles mortes ».  Mais peu leur chaut pourvu qu’ils brassent le vent dont ils se réclament!   Au même titre qu’il y a ceux qui auraient très bien pu ne pas vivre sans que cela ait la moindre incidence sur le déroulement du monde, au même titre autrement dit qu’il il y a les éternels « figurants de l’histoire », il y a les faux-événements, de ceux que les journalistes créent de toutes pièces et qui, se faisant, les propulsent (et peut-être est-ce là leur vœu le plus secret), dans la périphérie des démiurges, des artisans « faiseurs de monde ».  Car les journalistes « font » le monde à leur image, à moins que ce ne soit, aujourd’hui principalement, à l’image de l’économie de marché, beaucoup plus qu’ils ne nous renseignent sur lui.  En ce sens Gide pourrait ne pas avoir raison, car, bien plus que la réalité mineure dont ils font leur ordinaire, il y a celle qu’ils créent et qui, par le truchement de leur puissance suggestive, participe activement de celle sur laquelle ils sont censés nous renseigner, et ce faisant, dure au-delà du lendemain.  Il ne fait pas allusion au  copinage journalistique et au bakchich informationnel qui ne font pas sa spécificité, non, les pots-de-vin existent dans tous les milieux ; Il ne parle pas plus des affinités politiques des uns et des autres qui constituent possiblement autant de grilles de lecture déformantes, non ; il attire notre attention sur la capacité des journalistes à masquer habilement la forêt avec l’arbre du moment choisi; l’ennui, c’est qu’ils choisissent le moment et l’arbre et succombent à chaque pas aux engouements de rigueurs, aux indignations entendues et se font, plus souvent qu’à leur tour, les complices inconscients et manipulés de l’idéologie dominante.  © pacainfoeco.com - Thierry Aymès

« Etre dans le vent, c’est avoir un destin de feuille morte », Jean Guitton.

Selon le bon mot de Milena Jesenská (célèbre journaliste tchèque,  hé oui ! Mais également inspiratrice de Kafka)

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pacainfoeco.com« Le Bonheur est un bien qui se suffit à lui-même ».  Aristote (-384/-322)

13032009.pacainfoeco.com - Ouf ! Le bonheur existerait donc bel et bien.  Avouons qu’il nous arrive souvent d’en douter; cependant sachons que, contrairement à ce que son étymologie nous suggère (bon-heur = bonne chance), à savoir qu’il serait à espérer comme l’on espère le gros lot, il pourrait bien se faire que nous soyons condamnés à le vouloir avec une détermination inflexible et non à le recevoir comme l’on reçoit la manne céleste..  Disons même avec force que c’est ce que Aristote tient à nous faire comprendre. 
Le Bonheur est recherché pour lui-même.  Tout ce que nous faisons, nous le faisons dans le but d’être heureux, c’est l’unanime théorie des eudémonistes de l’antiquité grecque.  Alors que chacune de nos activités, chacun de nos projets n’est qu’un moyen pour atteindre le Bonheur, alors que chacun de nos efforts ne tient sa valeur et son sens que de cette destination ultime, le Bonheur lui est une fin en soi qui dès lors ne tend vers rien d’autres que lui-même et…à proprement parler ne sert à rien.  Il est la fin suprême.  Toutefois, il ne s’agit pas de le chercher n’importe où et n’importe comment.  Celui qui pense le trouver en choisissant de vivre le plus souvent possible les plaisirs de la chair se trompe.  De même celui qui court après la célébrité.  Encore faut-il qu’il active et pratique assidûment ce pour quoi il est fait. 
Pour bien comprendre, demandons-nous pour commencer quelle est la fin dernière de l’oreille par exemple ?  Quelle est sa spécificité ?  Autrement dit, pour quoi est-elle faite ?  Pour entendre répondrez-vous, et vous aurez raison.  Et une oreille qui entend, ou plus exactement une oreille qui permet à tel individu d’entendre, réalise sa fonction à la perfection, répond excellemment à sa spécificité.
Demandons-nous à présent quelle est la fin dernière de l’homme.  Pour répondre à cette question, nous devons donc rechercher sa spécificité, et, si nous devons en croire Aristote, elle  n’est autre que le fait d’être un vivant rationnel.  Entendons par là qu’il possède la Raison.  Certes a-t-il d’autres qualités, mais il les partage avec les animaux, et en tant que telles, elles ne sont pas sont propre.  S’il veut être heureux, il devra donc s’employer à activer ce pour quoi il est spécifiquement fait, à savoir sa Raison. 
Ajoutons à cela que la Raison a deux façons d’être active :  elle peut d’une part se livre à la pure connaissance autrement appelée théoria, etd’autre part, régler  l’action humaine que le philosophe divisera à son tour en action productrice (poièsis) dont la fin sera extérieure à l’agent (dans l’art et la technique) et en action pure (praxis) qui aura sa fin en elle-même (l’amitié par exemple) ; le tout régi par la vertu quant à elle acquise par une ferme disposition à bien agir  et qui consiste en un juste milieu déterminé par la Raison de l’homme prudent. Si donc vous tenez toujours à être heureux, vous savez à présent que le bonheur se gagne durement.  A bon entendeur salut ! © pacainfoeco.com - Thierry aymes

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pacainfoeco.com "Tout ce qui se manifeste est vision de l'invisible." Anaxagore (500 av JC-428 av JC)-

10032009.pacainfoeco.com - Au premier abord, cette citation me laisse perplexe.  Elle est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.  Le mot « vision » me pose problème.  Dans le sens où je l’entends habituellement, je ne parviens pas à comprendre la phrase ou plus exactement, ce que j’en saisis spontanément est absurde. Classiquement, et pour faire court, la vision est envisagée comme une fonction par laquelle des images sont captées par l’œil.  Elle suppose un « en face » vers lequel tendrait un sujet « visant ». J’en conclus que le mot problématique est certainement à prendre dans son acception métonymique ; le « vu » se substituant ainsi au « visant ».  Dans ce cas, une vision est : ce qui s’offre à la vue et…tout paraît plus clair.  Ne dit-on pas par ailleurs : « Quelle belle vue ! », faisant de la vue, au même titre que de la vision dans la phrase à commenter, le synonyme d’un « paysage » ?  Dès lors « Tout ce qui se manifeste » serait-il l’image de l’invisible, ou (puisque Anaxagore s’intéressait fortement à l’anatomie et à la biologie) le symptôme permettant de concevoir le saint des saints du réel, son intimité ?  Anaxagore distinguerait-il déjà la matière et l’esprit ? Et quel est cet invisible ? Est-il à chercher du côté de sa théorie des homéoméries selon laquelle la matière éternelle se résoudrait en parties infinies en nombre et « petitesse », et parfaitement semblables les unes aux autres ? ou doit-on penser qu’il est plutôt le Noûs, cette Intelligence omniprésente, imperceptible et sans fin, mais nécessairement extérieure à tout ce qu’elle anime et organise ? « […] le Noûs,[lui], est infini, autonome, et ne se mélange à rien; il est seul lui-même et par lui-même… ». Tout ce qui apparaît lui devrait alors sa forme. Avant son action extérieure, la matière n’était qu’un mélange primitif dépourvu d’organisation, un magma.  Mais attention !  N’allons pas trop vite et ne faisons pas de ce présocratique un grand prêtre.  Bien qu’il semble décrire le Noûs comme une force spirituelle, omnisciente et consciente d’elle-même, son action n’en est pas pour autant providentielle.  Qu’est-ce à dire ?  Le Noûs ne poursuit aucun plan et organise au hasard ce qui n’était que chaos avant son intervention.  Il ne vise pas le Bien et n’est pas une volonté morale. Aucune divinité, aucune possibilité de présage donc.  L’homme lui-même ne devrait sa spécificité qu’à une agrégation particulière d’atomes.  Il n’en reste pas moins que cette Intelligence  transcendante ressemble étrangement à un Dieu causa sui, c’est à dire, incausé, si ce n’est par lui-même… © pacainfoeco.com - Thierry aymes

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pacainfoeco.com « On n’aime que dans la séparation et jamais dans la fusion ». Françoise Dolto (1908-1988) -

09 03 2009 . pacainfoeco.com - Aimer, verbe fourre-tout par excellence.  On aime sa femme, les fromages qu’elle a achetés ; on aime son chien à soi, son propre travail ; on aime l’amour bref…l’amour que l’on éprouve pour ceci ou cela ne semble pas exiger, sous l’influence de l’objet aimé, que l’on utilise un autre verbe pour le désigner ; aucune matérialisation, dans notre langue, de l’effet qu’opère l’objet chéri sur le sujet aimant.  A tout le plus faut-il imaginer sur parole que l’amour d’un tel pour son épouse diffère qualitativement, de celui qui l’anime lorsqu’il se trouve devant un bon plat.  Mais en dépit de sa décontextualisation, et sachant que Françoise Dolto est pédiatre et psychanalyste pour enfants, il y a fort à parier que la phrase à commenter fasse allusion à l’amour d’un humain pour un autre. 

Trêve de plaisanterie, n’est-il pas étrange a priori de penser qu’il n’y aurait amour que dans la séparation et non dans la fusion ?  Affirmer ceci, n’est-ce pas dire le contraire de ce que pensent la plupart des gens ?  Voyez comme il semble aller de soi que dans un jeune couple chacun aspire à l’union avec l’autre, rejouant ainsi la définition qu’un certain Aristophane donne de l’amour dans Le Banquet de Platon !  Le mythe d’un hermaphrodisme initial est bien présent, jusque dans nos expressions les plus courantes.  « Je te présente ma moitié ! » me dit un jour un ami que j’avais perdu de vue.  Est-il besoin d’en dire plus ?
A y regarder de plus près, que désirent les amants en vérité ?  ou, plus précisément, que ne désirent-ils pas ? (inconsciemment s’entend).  Ils ne désirent pas l’autre en tant qu’autre, mais en tant que même.  Ce qu’ils veulent, c’est la ressemblance.  D’ailleurs, ne disent-ils pas : « c’est fou, on est pareil ! On a les mêmes goûts, les mêmes rêves, les mêmes projets ; c’est génial !».  Génial oui, mais pour combien de temps ?  Le réveil ne risque-t-il pas d’être cruel ? Comment ne se rendent-ils pas alors compte de l’immense part narcissique en œuvre dans leur attachement mutuel ?  L’autreté de l’autre, son altérité est précisément ce qui doit disparaître dans la fusion.  Il s’agit de l’annuler en tant que désir autonome potentiellement en désaccord avec le mien.  D’où une conclusion qui semble s’imposer : l’autre pourrait bien n’exister qu’à proportion de la résistance qu’il oppose à mon désir.  N’est-il pas alors souhaitable qu’il me résiste dans la mesure où seule cette résistance me garantit une sortie salutaire hors de moi-même ?  Car l’amour fusion est cannibale en ce qu’il n’envisage l’autre qu’en tant que prolongement de soi, nous l’avons compris.  Il ne le laisse pas être différent ; il a peur de la différence dans la mesure où elle le menace de solitude. 
« Aimer dans la séparation » est tout autre chose.  Il s’agit de prendre acte de l’irréductible autreté de l’autre au même et de l’insurmontable solitude existentielle dans laquelle chacun se trouve.   C’est en ce sens et en ce sens seulement que l’autre peut apparaître en tant que tel et permettre une véritable rencontre.  Le mot « séparation » est à entendre ici dans sa dimension orginelle.  A peine né(e)s, nous sommes de facto séparés et la vie n’est finalement qu’une succession de séparations venant confirmer la première.  « Vivre l’amour » impliquerait donc une certaine distance qui ne nous permettrait pas de transformer une douce et saine proximité en une promiscuité mortifère.  L’autre ne serait plus alors un complément, mais un supplément.  D’une certaine façon, pour « aimer vraiment » encore faut-il se savoir inexpugnablement seul  et tenir à ce que chacun le reste.  C’est ainsi que l’amour ne peut pas être  qu’un sentiment.  Etonnant en effet ! © pacainfoeco.com - Thierry aymes

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pacainfoeco.com La vraie science est une ignorance qui se sait.  Montaigne (1533-1592)

27.02.2009.pacainfoeco.com - Bien avant Montaigne, Socrate ne disait-il pas « tout ce que je sais c’est que je ne sais rien » ?  Qu’est-ce alors que savoir ? Comme bien souvent en philosophie, les deux formulations nous sont offertes sous la forme d’un paradoxe qu’il faut dépasser vers une compréhension dont seule l’intuition peut avoir le secret.  La « vraie science » sous la plume de l’auteur des Essais suppose logiquement une « science fausse », une science érigée en dogme qu’il ne s’agirait plus de questionner.  Ne resterait plus alors qu’à la transmettre, voire à l’imposer, quand l’essentiel est sans doute de cheminer « vers nulle part » ; le chemin se confondant avec le but.  A quoi bon ? me direz-vous.  Si rien ne peut être su, si ce n’est notre définitive impuissance à savoir, si nulle vérité ne peut être atteinte, à quoi bon apprendre en effet ? Une certaine conception du savoir impliquant l’identité de l’Être, la permanence du réel, la fixité de tout, sans doute Montaigne avec Socrate supposent-ils au contraire, le flux incessant d’un devenir qui transforme à chaque instant ce qu’il touche, rendant ainsi impossible quelque savoir que ce soit, entendu classiquement.  Comment pourrions-nous en effet connaître ce qui, d’un moment à l’autre, ne se ressemble pas ? Nous sommes conséquemment en droit de nous demander si l’identité des choses ne serait pas une illusion, et, ce faisant, nous ne serions pas les premiers à nous le demander.  Mieux ne vaut-il pas alors s’immerger dans ce changement même afin de connaître de façon im-médiate le mystère  de la vie ?  Certes la croyance en un Être est-elle rassurante en ce qu’elle permet le repérage, au même titre qu’une limite quelconque nous y autorise.  Certes est-il plus commode de souscrire à l’existence d’un point fixe pour croire en la possibilité d’un progrès quel qu’il soit.  Mais Blaise Pascal par ailleurs n’écrivait-il pas : « L’infini est un cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part ? ».  Autant dire que dans ces conditions, nul n’est en mesure d’avancer ; tout mouvement ne tenant son statut que de son rapport à un point immobile.  Réaffirmons-le, « savoir », au sens classique, pourrait bien n’être qu’une chimère à ranger au rayon des idoles ; tandis que « savoir » au sens où l’entend Montaigne consisterait à attester à tout moment de notre incapacité à saisir, à contenir, à comprendre ce qui nous excède de toute part et nous emporte, encore que ces « nous » laissent à penser qu’existe bel et bien un être fondamentalement identique à lui-même et qui serait la condition de possibilité de tout changement.  Nous notons au passage que notre langue est de part en part traversée par cette conception dominante.  Croire au « savoir », n’est-ce pas finalement se faire l’apologiste du mort contre le vivant voué à n’être jamais ce qu’il est ?  « La vraie science » prend acte de l’essentielle mobilité du réel.  La « fausse » est nécrophile.  La seconde cueille une fleur pour mieux l’étudier quand la première n’y touche pas et grandit avec elle.  A tout prendre, « la vraie science » choisit de se sacrifier sur l’autel d’un foyer incandescent où l’homme se fait co-opérateur.  A la réalité pétrifiée des objets, à la froide pierre volcanique de ce qui serait à connaître, elle préfère la réellité poétique et démiurgique de la forge principielle, autrement dit, la co-naissance considérée dans son sens étymologique.  A moins qu’avec Héraclite nous pensions qu’il n’y a qu’une chose qui ne change pas…le changement lui-même, savoir, communément, s’avère utopique, bien que commode. « Que puis-je savoir ? » questionnait Kant deux siècles plus tard; « …que je ne sais rien. » ; docte ignorance

(1)Allusion faite au livre de Nicolas de Cues (1401-1464): « La docte ignorance ».

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pacainfoeco.com "L'universel n'existe pas, il n'existe que du particulier" Michel ONFRAY (1958)-

25.02.2009.pacainfoeco.com - Michel Onfray est bien connu pour la guerre qu’il mène contre les pourvoyeurs d’arrière-mondes . A l’ineptie métaphysique, la fiction idéaliste en philosophie ou les déréalisantes religions dites révélées, il préfère l’exaltation du corps, du réel et du particulier.  Il ne croit pas  à l'existence objective des concepts.  Mais qu’est-ce qu’un concept ?  Pour obtenir le concept de table, je dois avant tout faire abstraction de toutes les particularités de chacune des tables que j’aurai devant les yeux .  Je n’aurai par conséquent pas à y faire entrer la couleur, la matière et la forme par exemple.  En effet, une table n’est pas nécessairement rouge, carrée ou en bois ; ces qualités sont dites accidentelles ou inessentielles.  Je devrai donc la réduire à ce qu’elle a d’universel et chaque table particulière devra pouvoir se reconnaître dans ce concept.  Si je n’y inclus pas, par exemple, son plateau horizontal, je perds toutes les tables concrètes possibles.  Dès lors, reste à savoir si le concept universel ainsi obtenu est la condition sans laquelle aucune table particulière ne saurait existait.  En tant qu’il en serait leur cause, ne serait-il finalement pas plus réel que toutes les tables du monde ?  Les idéalistes pensent effectivement que l’universel précède le particulier, que l’essence précède l’existence.  Rien n’existerait dans le monde sans son idée préalable dans un ciel que Platon appelle le ciel des intelligibles ; entendez par là, sans sa forme pure en un lieu où les êtres ne seraient approchables que par la raison seule, et non par les sens.  Même l’acte perceptif le plus élémentaire ne serait possible que dans la mesure où nous aurions une connaissance antérieur et intuitive de son essence extra mundi (en dehors du monde), sans quoi nous nous égarerions dans les détails de son être.  Dans une salle où se trouvent des dizaines de tables différentes, comment pourrions-nous sans cela deviner qu’il s’agit d’un même objet ?  Ne nous faut-il pas posséder a priori son concept et dès lors, ce dernier n’existe-t-il pas au moins autant que chacune de ses déclinaisons possibles ?
Michel Onfray répondrait par la négative à cette question.  Il ne croit pas en un ailleurs.  Tout est ici.  Contre ceux qui croient en une transcendance, en une capacité innée de s’extraire de leur mondanité et de poser un acte inconditionné (libre-arbitre), qui ne s’originerait dans aucune pulsion, aucun passé, aucune culture, il choisit l’immanence, ce monde-là, l’homme concret, l’individu (indivisible), le corps, le neuronal et donc…le particulier.  Le concept et son universalité ne sont plus alors que l’effet d’un processus physiologique, s’ils existent, ce n’est que dans notre esprit, et les théories essentialistes en tous genres ne renvoient à rien qui serait à chercher derrière ; elles sont de purs fantasmes.  Diogène le chien, au IVième siècle, ne disait-il pas déjà : « Je vois bien un cheval, mais je ne vois pas la chevalité. ». © copyrigth pacainfoeco.com 2009

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pacainfoeco.com La possession du pouvoir corrompt inévitablement la raison. Emmanuel KANT (1724-1804) -

Pourquoi la possession du pouvoir corromprait-elle inévitablement la raison, cette dernière n’est-elle pas précisément par définition extérieure à toute forme d’influence, à toute espèce d’intérêt ?  N’y a-t-on pas recours dans le but d’échapper à toutes sortes de turbulences ?  Le sens de l’appareil judiciaire, par exemple, n’est-il pas de garantir la justesse d’une décision en dehors de tout parti pris affectif ou idéologique ? Quid de la citation kantienne dans ce cas ?  La possession du pouvoir serait-elle une exception à la règle ? et pourquoi ?
Avant toute chose, demandons-nous ce qu’est le pouvoir ?  Vaste question à laquelle je n’ai pas l’outrecuidance de répondre ici de manière exhaustive.  De très nombreux livres ont été écrits sur ce sujet qui le font mieux que je ne suis sur le point de le faire moi-même à cet instant.  Je me limiterai donc à une définition que la phrase paraît impliquer. Gageons que le terme est ici à entendre comme suit : le pouvoir est une autorité, une puissance de droit ou de fait, la situation de ceux qui gouvernent, et excluons d’emblée l’empire que nous pouvons au cas échéant exercer sur nous-mêmes.  Posséder le pouvoir serait alors être en possession de cette puissance, de cette autorité sur les autres.  Que je sois dictateur, Président de la République, PDG d’une entreprise ou moniteur d’auto-école, il est en mon pouvoir de décider à la place de…Je peux par exemple faire exécuter telle personne ou la gracier, jeter en prison telle autre ou le laisser en liberté, licencier mon commercial ou l’encourager et recaler mon apprenti conducteur (tout ceci avec plus ou moins de facilité en fonction du pays où je réside) ou faire preuve d’indulgence, bref… Existerait-il alors comme une griserie du pouvoir qui viendrait altérer la réputée droiture impeccable de la raison en la faisant agir en vue de le maintenir en lieu et place et non par pure nécessité ?  Être en mesure d’avoir le pouvoir sur les autres occasionnerait-il un dérèglement, une perversion de la raison qui, dès lors ne serait plus à même de délibérer de façon désintéressée ? 
Dans ce cas, force serait de constater que la raison dont semblerait pouvoir théoriquement émaner quelque maxime universelle, quelque impératif catégorique, ne serait pas hermétique à toute remontée, à tout retour, non pas du refoulé, mais de ce que l’homme contiendrait de trop humain, à moins que ce soit de trop animal :  j’ai nommé le désir de tout pouvoir à tout moment, et surtout le désir de pouvoir réaliser tous ses désirs ; je dis bien tous, sans exception !
Or, si autant qu’il m’en souvienne, le bonheur est, selon Kant, irrémédiablement désuni du devoir ; si tout devoir visant le bonheur est destitué en tant que devoir par le fait même de sa visée.  Si, plus généralement, tout devoir intéressé n’en est plus un pour autant qu’il lorgne du côté des conditions (Bonheur, Pouvoir, Argent, Reconnaissance etc) par delà les propositions rationnelles inconditionnelles (j’agis comme il se doit, non pas pour telle ou telle raison en filigrane, mais parce que la raison m’y oblige sans condition), alors le pouvoir, tout comme le bonheur, peut bien constituer une raison de la raison, son sens vicié. 
Je décide à la place de…disais-je, et ce faisant, j’étends ma sphère subjective jusqu’à embrasser tout l’univers, jusqu’à connaître la liberté de nier à tout bout de champ l’existence même d’un désir adverse et potentiellement frustrant.  Plus on a de pouvoir sur les autres et moins on est capable de vivre la frustration que génère une résistance.  Freud, 100 ans plus tard, eût pu dire qu’à l’instar de son Inconscient qui ne connaît pas sa finitude et recherche exclusivement son plaisir, tout homme est enclin à se laisser enivrer par le pouvoir jusqu’à en faire effectivement le sens même de ses décisions, dès lors inévitablement corrompues au sens kantien.  Je décide à la place de…pour pouvoir continuer à décider à la place de…voilà l’écueil, le cercle vicieux auquel, semble-t-il, nul être ne saurait échapper.  Kant pessimiste ?  Peut-être un peu quand même.  La Raison kantienne ignore peut-être les raisons, mais l’homme, selon toute vraisemblance, la dédaigne plus souvent qu’à son tour.
Sans doute est-il louable de souhaiter, plus loin encore que le philosophe des lumières, que chacun puisse un jour se gouverner lui-même dans le respect d’autrui, et atteigne enfin sa majorité sous l’égide d’une Raison souveraine, mais il n’est pas idiot de penser que l’anoxie enivrante de cette cime-là n’est pas près d’être atteinte. (*) Caractère de ce qui ne peut pas ne pas être. . © copyrigth pacainfoeco.com 2009

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pacainfoeco.com 19.02.2009.pacainfoeco.com - Aimer, c'est trouver sa richesse hors de soi" (Emile Chartier, dit Alain/1868-1951) Cette citation m’en rappelle immédiatement une autre.  « L’amour fait grâce à l’homme de s’appartenir hors de ce qu’il est » ; elle est de Joë Bousquet, un magnifique poète carcassonnais de la première moitié du 20ième siècle.  J’avais 18 ans lorsque j’achetai mon premier livre de ce grand homme : « La connaissance du soir ».  Dans une petite librairie du Puys-en-Velay.  Je me souviens de Cathy qui m’y avait accompagné.  Je ne l’aimais pas exactement.  Elle était jolie.  Je lui avais immédiatement préférais ce recueil.  Je l’ai perdu et racheté combien de fois ? 
Mais il s’agit d’Alain et de ce qu’il nous dit ici de l’amour.  Il nous parle de richesse, mais de quelle richesse est-il question ?  De celle que l’on ne possède pas bien sûr; de celle qui se dessine en creux.   Juste un peu plus loin dans la phrase, il précise sa pensée « …je dis sa richesse intime… »  Si j’osais, j’ajouterais « extimement intime » en ce que l’amour n’a pas de lieu où se substantifier.
Non ! ou plutôt oui !  L’amour nous rend paradoxalement riches d’être pauvres, c’est à dire sans dedans ; il est un pur dehors et nous rend riches de nous arracher aux grimaces d’un ego psycho-rigide : riches de n’être ni identité, ni crispation, mais vent…un vent sur le visage de l’autre. 
Là encore, pardonnez-moi, me revient une phrase de Sartre cette fois-ci ; une phrase qui ne parle pas de l’amour, mais de la…conscience.  Ce qu’il en dit est étrangement semblable à ce que nous pourrions dire de l’amour : « …la conscience est claire comme un grand vent, [qu’]il n’y a plus rien en elle, sauf un mouvement pour se fuir, un glissement hors de soi »
Aimer, c’est trouver, sans l’avoir cherché, son salut dans une incessante course vers un ailleurs.  Aimer, c’est être ravi, au sens où le « ravi » est bien victime d’un rapt commis par un ravisseur ou bien plutôt par une « ravissante » ou un « ravissant » quel qu’il soit.  Reste à se tenir toujours disposé(e)s à l’envol, au départ, au voyage, à la bohème. © copyrigth pacainfoeco.com 2009

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pacainfoeco.com 16.02.2009.pacainfoeco.com - Je préfère être malheureux de temps en temps, parce que je n'arrive pas à obtenir ce que je veux, qu'heureux tout le temps parce que je n'ai envie de rien ! Georges Wolinski (né en 1934) Les pensées d’humoristes sont rarement dépourvues d’intérêt.  Elles disent souvent à leur manière ce qui pourrait l’être plus cérémonieusement, inutilement. L’humour, outre « la politesse du désespoir », est, tout comme l’art, la sublimation de quelque obscur conflit, de quelque tendance inconsciente le plus souvent responsable des proses les plus pertinentes ; C’est en tout cas ce que pourrait en dire la psychanalyse. Tout comme l’authentique pensée, il requiert de la part de celui qui en est l’auteur une dose de violence légitime.  On ne plaisante pas sans avoir l’énergie nécessaire à toute trangression, à toute création; de même on ne « pense pas » au sens fort, si l’on reste impuissant à s’extraire des couches limoneuses d’une bien-pensance, du piège insu de l’idéologie en vigueur, des lieux communs aux faux-airs d’inouï, des bourbiers en tous genres.  En ce sens, « rire de... » ou « penser » livre le même combat.  Tout véritable humour trouve sa source dans l’intimité d’une conscience rebelle.  Il sourd avant d’éclore derrière la porte dérobée d’un salon mondain où le masque est de rigueur...Wolinski n’est pas bouddhiste.  Il préfère la souffrance d’un désir frustré aux délices que dispenserait continûment un paradis où le temps n’existerait plus.  Car désirer suppose le temps, entendez par là : le différé.  Désirer donc, languir après un bonheur toujours compromis par un autre désir.  Souffrir de manquer toujours, et pourquoi pas ?  Désir, temps, finitude, mortalité,..ne sont-ce pas les signes les plus flagrants de notre humanité. « Les ailes du désir » de Wim Wenders ne conduisent-elles pas son ange à déchoir par amour pour une trapeziste ?  Des ailes pour déchoir ?  Quelle bizarrerie !  Des ailes pour ne plus voler... à moins que ce ne soit pour aimer enfin...Aimer au ras du sol, à hauteur de fourmis, aimer humblement (l’adverbe vient d’humus, en latin : la terre.)  Mieux vaut alors la belle couleur du sang, l’odeur du cigare au détour d’une rue, l’angoisse qui nous tenaille et nous fait homme, les beuveries entre potes, l’odeur particulière du métro, le soleil éblouissant en haut à droite d’un cahier d’écolier, la poitrine gonflée de celle qui ne vous aimera jamais, mieux vaut les reliefs de la vie sans égard pour notre pauvre coeur que la mer étale de la plénitude. Wolinski n’est pas sage et ne tient pas à l’être, il préfère écrire, et c’est là le secret de son effet : « Heureux tout le temps parce que je n’ai envie de rien » quand nous eussions attendu qu’il écrivît : « Eternellement heureux d’avoir tout obtenu ».  Cela même qui eût pu être présenté positivement, il nous le décrit encore comme un autre mal, et force est de constater que des deux maux de la citation, il préfère le premier.  A tout prendre, si dans l’esprit de beaucoup d’entre nous, le bonheur est possiblement cet état qui résulte d’une victoire du verbe « avoir » sur le verbe « être », sous son nez rouge, Wolinski choisit en romantique crypté, de s’abîmer sans fin dans les montagnes russes d’une vie, telle qu’elle se présente ; d’une vie, telle qu’elle est.  © copyrigth pacainfoeco.com 2009

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pacainfoeco.com 12.02.2009 -pacainfoeco.com - « Le bonheur n'est pas le but mais le moyen de la vie. » ( Paul Claudel) 1868 - 1955

Etrange phrase que celle-ci !  Ça complexité pourrait tenir à sa décontextualisation.  Il n’est pas certain que nous ayons suffisamment d’indices pour en saisir le sens, mais le challenge est intéressant.

Habituellement, le bonheur est tenu pour être le but de toute action, or s’il n’est pas le but, que peut-il bien être ? Réponse de Claudel : « le moyen de la vie ».  Soit, mais le moyen de la vie dans quel but ?  Voilà la difficulté ! 

Un moyen, comme son nom l’indique n’est pas une fin en soi, un moyen est toujours un moyen terme vers autre chose que lui-même, un lieu de passage.  Dès lors, le bonheur serait le moyen que la vie utiliserait, mais dans quel but ?  Ne nous voilà pas plus avancés.

La citation peut s’éclairer si l’on se souvient que le poète est un fervent chrétien, voire, à sa façon, un apologiste du christianisme.
« Le moyen de la vie » est-il écrit ; mais de quelle vie s’agit-il ?  Assurément de la vie d’ici-bas qui voit dans le bonheur comme un avant-goût de l’au-delà.  Ainsi, le bonheur devient-il le vecteur d’une élévation, le garant d’une Pâque vers un ailleurs dont il ne serait que l’éclat, la promesse.

« Moyen » en ce qu’il n’est désiré que pour autant qu’il fait pousser des ailes sur le dos des humains, les angélise en leur dispensant un divin parfum et les prépare à l’indicible béatitude, car « Bonheur n’est pas béatitude » ; plus précisément, il pourrait être à la béatitude ce que la lumière est à Dieu...son ombre. © copyrigth pacainfoeco.com 2009

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pacainfoeco.com 11.02.2009 -pacainfoeco.com - "Attention , la vie , c'est le truc qui passe pendant que l'on multiplie les projets" - John Lennon (1940-1980)

Malgré ça désinvolture toute anglo-seventiesienne, cette  citation donne sur une belle profondeur.  Sans doute n’est-elle pas originale en elle-même, mais il est toujours bon de se la rappeler.
Le Beatles nous met en garde contre cette fâcheuse tendance de tout humain à ne pas habiter le présent, à le désaffecter et à lui préférer un futur pourtant hypothétique où il peut s’imaginer plus heureux.
C’est ICI et MAINTENANT qu’il s’agit d’habiter.  « Conscientiser » le seul temps réel, le seul espace où tout advient. 
« Le truc qui passe », c’est la vie ; « la vie à chaque instant recommencée ».  Mais ici, le langage s’avère presque impuissant à nous livrer le sésame recélé, à moins que l’on ait recours à une lecture poétique, une lecture intuitive. La difficulté est en effet de saisir que l’instant n’est pas un moment du temps linéaire, du temps séquentiel. 
La phrase : « la vie à chaque instant recommencée » nous induit en erreur si elle n’est pas dépassée vers ce qu’elle suggère d’atemporel.  Un instant n’a pas plus de « chaque » que de « recommencement ».  A l’instar du point géométrique qui est une « étendue sans espace », nous devons l’envisager comme un « moment sans temps », une pointe sans épaisseur d’où nous tenons notre parenté avec l’éternel ; et l’éternel ne passe pas. 
« Aimer la vie » serait donc le remède à notre maladie.  « L’aimer » c’est à dire, ne plus espérer en un ailleurs plus beau, en un ailleurs sans ombre, un ailleurs de zénith. 
Dès lors, Lennon nous invite-t-il à « dés-espérer » d’un désespoir salvateur, pour rejoindre la source éternellement jaillissante d’un présent amnésique et sans orientation.
« Vivons donc le projet de ne plus en avoir », telle est sans doute la seule voie menant à l’immortalité. OHM ! © copyrigth pacainfoeco.com 2009

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pacainfoeco.com 10 02 2009.pacainfoeco.com - Il vaut mieux rêver sa vie que la vivre, encore que la vivre, ce soit encore la rêver. Marcel Proust (1871-1922)

La vie de la vie serait-elle moins agréable que le rêve de la vie ? Entendons par là, le rêve conscient et non le rêve nocturne.  A condition que celui-ci ne soit pas un cauchemar, probablement.
Mais ici la question est moins de savoir si une « vie rêvée » est plus souhaitable qu’une « vie vécue », que de chercher à comprendre l’impossibilité de sortir du rêve à laquelle l’auteur semble souscrire.

Sort-on jamais du rêve en effet ?  La vie brute existe-t-elle ?  Cette vie dont on parle comme d’une référence, d’un repère, et qui serait à chercher en deçà  des images que l’on en a, au large de toute représentation, aux antipodes de quelque idée que l’on s’en fait, ne serait-elle pas une chimère, tout comme la mort?  Cette vie-acte qui, par le fait même de son activité, ne permettrait aucun recul, aucun espace d’où pourrait dès lors surgir son image.

N’existerait-il pas plutôt une relation intime entre le rêve conscient de sa vie et son inévitable représentation en tant que cette dernière ne serait que l’effet le plus spontané et dont le moins visible, le moins remarquable de l’imagination ?

Dans la mesure où, dit-on,  nous sommes des êtres conscients, c’est à dire des êtres dont l’un des propres est d’être à distance de ce qu’ils sont ou font, arrachés par essence à l’immédiateté stérile d’une vie infra-représentationnelle, condamnés à la non-coïncidence, au jeu comme il existe entre deux pièces qui ne s’ajustent pas, ne peut-on pas penser qu’ils nous est impossible d’évoluer ailleurs que dans une sphère où l’imagination serait le tout ?

Dès lors il n’y aurait pas de différence de nature entre rêver sa vie et la vivre.  Plus précisément, la vivre serait encore l’imaginer. © copyrigth pacainfoeco.com 2009

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pacainfoeco.com 09 02 2009.pacainfoeco.com "Les temples érigés en l'honneur de la religion le sont, en vérité, en l'honneur de l'architecture". Ludovic Feuerbach (1804-1872)

Point « d’arrière-monde » pour ce philosophe allemand du 19ième siècle qui écrivit entre autre « L’essence du christianisme ».  C’est à ce dernier ouvrage que je me réfèrerai pour commenter succinctement la citation du jour.
En effet, le thème de ce dernier livre tourne principalement autour de la définition de l’objet religieux. Dieu, selon lui, n’est que l’essence humaine projetée au dehors de lui.  La religion, écrit-il ailleurs, est « la confession publique des ses secrets d’amour ».  Or, l’homme ne se reconnaît pas en elle, il y dépose son « essence comme à un autre être ».  En l’ enrichissant, il s’appauvrit.
Dès lors, que peut-on dire des temples, sinon qu’ils sont érigés non pas en l'honneur de la religion, cet autre édifice dogmatique où nous aliénons notre essence, mais "inconsciemment" en l’honneur de l’ architecture, cet art « divinement » humain.
C’est bien à l’être humain que la divinité doit être restituée par un renversement philosophique.  Parcourons donc avec Feuerbach un chemin qui nous conduit de la théologie à l’anthropologie dûment « re-divinisée ». © copyrigth pacainfoeco.com 2009

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pacainfoeco.com 03022009.pacainfoeco.com « Je ne cherche pas à connaître les réponses, je cherche à comprendre les questions » Confucius (-551/-479)

Apprendrait-on plus d’une question que d’une réponse ?  D’où nous viennent les questions que l’on se pose ?  Pas toutes les questions bien entendu ; il ne s’agit ici que des questions fondamentales, des questions métaphysiques qui sont la marque de notre humanité, le signe du dialogue que nous sommes à même d’établir avec l’Etre.  Se pencher sur les questions revient alors à chercher le sens de notre existence dans  cette capacité que nous avons à interroger notre condition. 

Les réponses quant à elles, et quelles qu’elles soient,  sont mortifères, pétrifiantes ; elles viennent arrêter un processus où l’homme respire, où l’homme siège dans cette proximité avec le mystère fondamental de son Etre-là.  Chercher à comprendre les questions équivaut à situer notre identité radicale (à la racine) dans le questionnement lui-même. 

L’homme est un pèlerin, « un pèlerin de l’Etre » comme dirait Karl Jaspers (1883-1969).  Il erre et doit perpétuer cette errance pour être humain.  Les réponses sont dangereuses en ce qu’elles donnent sur des certitudes qu’il ne s’agit plus alors que d’imposer d’une façon ou d’une autre.

Confucius, par cette citation, nous invite à l’humilité © copyrigth pacainfoeco.com 2009

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