Par Thierry AYMES , professeur de philosophie |
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26.03.2008.pacainfoeco.com - C’est l’histoire d’un mec...vraisemblablement à la tête du parti communiste, qui s’adresse à ses camarades, comme ils disent : Que voulez-vous ? Nous voulons ceci et cela ! Bien ! Il va falloir faire sans les mecs ! Mais ne vous inquiétez pas, nous allons faire en sorte que vous n’en souffriez pas Qui parle ici réellement ? Coluche ou Michel Colucci ? - lire la suite de cette analyse ? |
23032009.pacainfoeco.com - Tout le monde connaît cette phrase désormais proverbiale, mais peu d’entre nous savent qu’elle est extraite de l’ouvrage « Les prémices » de Henri Estienne ; voilà que cette lacune est réparée. De l’ignorance initiale à l’impotence cruelle, nous irions donc, inexpugnablement. - A partir de quand sommes-nous vieux ? « Encore faut-il donc que fougue il y ait !» me direz-vous. Encore faut-il que désirs se fassent entendre, et désirs d’un certain ordre, pour éprouver la douleur de ne plus être capable de les accomplir. C’est vrai. Si certains désirs ne se font plus pressants une fois aux alentours d'un âge avancé, la peine de ne plus pouvoir les concrétiser ne pèse plus. Si souffrance il y a, elle est d’un décalage, d’une inadéquation entre la vigueur orgueilleuse d’une fièvre et l’aveu d’impuissance d’un corps fatigué. L’athlète qui, passé cinquante ans, s’acharnera à battre le record du monde du cent mètres fera preuve de bêtise, de même le joueur d’échec dans son domaine.
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17032009.pacainfoeco.com - Bonne nouvelle, le journalisme est quand même un art, c’est à dire une technique, un savoir-faire que tout le monde n’a pas et que certains peuvent se vanter d’avoir acquis ! Il y a des écoles pour ça et tout le monde n’en sort pas nécessairement avec le diplôme convoité. La première fut l’ESJ, créée en 1900. L’ironie veut qu’elle vit un professeur y enseigner l’économie qui répondait au nom de Charles…Gide, l’oncle d’André. Reste à savoir à quoi sert cette technique. Le moins qu’on puisse dire est que l’auteur (entre autres) de « l’Immoraliste » n’y va pas avec le dos de la cuillère. Sans doute, comme beaucoup d écrivains, n’a-t-il pas résisté à la tentation d’écrire une phrase piquante. A moins qu’ils ne confondent authentiquement les vessies avec les lanternes, à moins qu’ils ne soient les dupes rêvées des miroirs aux alouettes en tous genres, les journalistes sont plutôt des mystificateurs, des illusionnistes qui semblent essentiellement se concentrer sur l’actualité de seconde zone, celle qui ne fait pas l’histoire. Leurs annonces ont le plus souvent « un destin de feuilles mortes ». Mais peu leur chaut pourvu qu’ils brassent le vent dont ils se réclament! Au même titre qu’il y a ceux qui auraient très bien pu ne pas vivre sans que cela ait la moindre incidence sur le déroulement du monde, au même titre autrement dit qu’il il y a les éternels « figurants de l’histoire », il y a les faux-événements, de ceux que les journalistes créent de toutes pièces et qui, se faisant, les propulsent (et peut-être est-ce là leur vœu le plus secret), dans la périphérie des démiurges, des artisans « faiseurs de monde ». Car les journalistes « font » le monde à leur image, à moins que ce ne soit, aujourd’hui principalement, à l’image de l’économie de marché, beaucoup plus qu’ils ne nous renseignent sur lui. En ce sens Gide pourrait ne pas avoir raison, car, bien plus que la réalité mineure dont ils font leur ordinaire, il y a celle qu’ils créent et qui, par le truchement de leur puissance suggestive, participe activement de celle sur laquelle ils sont censés nous renseigner, et ce faisant, dure au-delà du lendemain. Il ne fait pas allusion au copinage journalistique et au bakchich informationnel qui ne font pas sa spécificité, non, les pots-de-vin existent dans tous les milieux ; Il ne parle pas plus des affinités politiques des uns et des autres qui constituent possiblement autant de grilles de lecture déformantes, non ; il attire notre attention sur la capacité des journalistes à masquer habilement la forêt avec l’arbre du moment choisi; l’ennui, c’est qu’ils choisissent le moment et l’arbre et succombent à chaque pas aux engouements de rigueurs, aux indignations entendues et se font, plus souvent qu’à leur tour, les complices inconscients et manipulés de l’idéologie dominante. © pacainfoeco.com - Thierry Aymès « Etre dans le vent, c’est avoir un destin de feuille morte », Jean Guitton. Selon le bon mot de Milena Jesenská (célèbre journaliste tchèque, hé oui ! Mais également inspiratrice de Kafka)
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13032009.pacainfoeco.com - Ouf ! Le bonheur existerait donc bel et bien. Avouons qu’il nous arrive souvent d’en douter; cependant sachons que, contrairement à ce que son étymologie nous suggère (bon-heur = bonne chance), à savoir qu’il serait à espérer comme l’on espère le gros lot, il pourrait bien se faire que nous soyons condamnés à le vouloir avec une détermination inflexible et non à le recevoir comme l’on reçoit la manne céleste.. Disons même avec force que c’est ce que Aristote tient à nous faire comprendre.
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10032009.pacainfoeco.com - Au premier abord, cette citation me laisse perplexe. Elle est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. Le mot « vision » me pose problème. Dans le sens où je l’entends habituellement, je ne parviens pas à comprendre la phrase ou plus exactement, ce que j’en saisis spontanément est absurde. Classiquement, et pour faire court, la vision est envisagée comme une fonction par laquelle des images sont captées par l’œil. Elle suppose un « en face » vers lequel tendrait un sujet « visant ». J’en conclus que le mot problématique est certainement à prendre dans son acception métonymique ; le « vu » se substituant ainsi au « visant ». Dans ce cas, une vision est : ce qui s’offre à la vue et…tout paraît plus clair. Ne dit-on pas par ailleurs : « Quelle belle vue ! », faisant de la vue, au même titre que de la vision dans la phrase à commenter, le synonyme d’un « paysage » ? Dès lors « Tout ce qui se manifeste » serait-il l’image de l’invisible, ou (puisque Anaxagore s’intéressait fortement à l’anatomie et à la biologie) le symptôme permettant de concevoir le saint des saints du réel, son intimité ? Anaxagore distinguerait-il déjà la matière et l’esprit ? Et quel est cet invisible ? Est-il à chercher du côté de sa théorie des homéoméries selon laquelle la matière éternelle se résoudrait en parties infinies en nombre et « petitesse », et parfaitement semblables les unes aux autres ? ou doit-on penser qu’il est plutôt le Noûs, cette Intelligence omniprésente, imperceptible et sans fin, mais nécessairement extérieure à tout ce qu’elle anime et organise ? « […] le Noûs,[lui], est infini, autonome, et ne se mélange à rien; il est seul lui-même et par lui-même… ». Tout ce qui apparaît lui devrait alors sa forme. Avant son action extérieure, la matière n’était qu’un mélange primitif dépourvu d’organisation, un magma. Mais attention ! N’allons pas trop vite et ne faisons pas de ce présocratique un grand prêtre. Bien qu’il semble décrire le Noûs comme une force spirituelle, omnisciente et consciente d’elle-même, son action n’en est pas pour autant providentielle. Qu’est-ce à dire ? Le Noûs ne poursuit aucun plan et organise au hasard ce qui n’était que chaos avant son intervention. Il ne vise pas le Bien et n’est pas une volonté morale. Aucune divinité, aucune possibilité de présage donc. L’homme lui-même ne devrait sa spécificité qu’à une agrégation particulière d’atomes. Il n’en reste pas moins que cette Intelligence transcendante ressemble étrangement à un Dieu causa sui, c’est à dire, incausé, si ce n’est par lui-même… © pacainfoeco.com - Thierry aymes
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09 03 2009 . pacainfoeco.com - Aimer, verbe fourre-tout par excellence. On aime sa femme, les fromages qu’elle a achetés ; on aime son chien à soi, son propre travail ; on aime l’amour bref…l’amour que l’on éprouve pour ceci ou cela ne semble pas exiger, sous l’influence de l’objet aimé, que l’on utilise un autre verbe pour le désigner ; aucune matérialisation, dans notre langue, de l’effet qu’opère l’objet chéri sur le sujet aimant. A tout le plus faut-il imaginer sur parole que l’amour d’un tel pour son épouse diffère qualitativement, de celui qui l’anime lorsqu’il se trouve devant un bon plat. Mais en dépit de sa décontextualisation, et sachant que Françoise Dolto est pédiatre et psychanalyste pour enfants, il y a fort à parier que la phrase à commenter fasse allusion à l’amour d’un humain pour un autre. Trêve de plaisanterie, n’est-il pas étrange a priori de penser qu’il n’y aurait amour que dans la séparation et non dans la fusion ? Affirmer ceci, n’est-ce pas dire le contraire de ce que pensent la plupart des gens ? Voyez comme il semble aller de soi que dans un jeune couple chacun aspire à l’union avec l’autre, rejouant ainsi la définition qu’un certain Aristophane donne de l’amour dans Le Banquet de Platon ! Le mythe d’un hermaphrodisme initial est bien présent, jusque dans nos expressions les plus courantes. « Je te présente ma moitié ! » me dit un jour un ami que j’avais perdu de vue. Est-il besoin d’en dire plus ?
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27.02.2009.pacainfoeco.com - Bien avant Montaigne, Socrate ne disait-il pas « tout ce que je sais c’est que je ne sais rien » ? Qu’est-ce alors que savoir ? Comme bien souvent en philosophie, les deux formulations nous sont offertes sous la forme d’un paradoxe qu’il faut dépasser vers une compréhension dont seule l’intuition peut avoir le secret. La « vraie science » sous la plume de l’auteur des Essais suppose logiquement une « science fausse », une science érigée en dogme qu’il ne s’agirait plus de questionner. Ne resterait plus alors qu’à la transmettre, voire à l’imposer, quand l’essentiel est sans doute de cheminer « vers nulle part » ; le chemin se confondant avec le but. A quoi bon ? me direz-vous. Si rien ne peut être su, si ce n’est notre définitive impuissance à savoir, si nulle vérité ne peut être atteinte, à quoi bon apprendre en effet ? Une certaine conception du savoir impliquant l’identité de l’Être, la permanence du réel, la fixité de tout, sans doute Montaigne avec Socrate supposent-ils au contraire, le flux incessant d’un devenir qui transforme à chaque instant ce qu’il touche, rendant ainsi impossible quelque savoir que ce soit, entendu classiquement. Comment pourrions-nous en effet connaître ce qui, d’un moment à l’autre, ne se ressemble pas ? Nous sommes conséquemment en droit de nous demander si l’identité des choses ne serait pas une illusion, et, ce faisant, nous ne serions pas les premiers à nous le demander. Mieux ne vaut-il pas alors s’immerger dans ce changement même afin de connaître de façon im-médiate le mystère de la vie ? Certes la croyance en un Être est-elle rassurante en ce qu’elle permet le repérage, au même titre qu’une limite quelconque nous y autorise. Certes est-il plus commode de souscrire à l’existence d’un point fixe pour croire en la possibilité d’un progrès quel qu’il soit. Mais Blaise Pascal par ailleurs n’écrivait-il pas : « L’infini est un cercle dont le centre est partout et la circonférence nulle part ? ». Autant dire que dans ces conditions, nul n’est en mesure d’avancer ; tout mouvement ne tenant son statut que de son rapport à un point immobile. Réaffirmons-le, « savoir », au sens classique, pourrait bien n’être qu’une chimère à ranger au rayon des idoles ; tandis que « savoir » au sens où l’entend Montaigne consisterait à attester à tout moment de notre incapacité à saisir, à contenir, à comprendre ce qui nous excède de toute part et nous emporte, encore que ces « nous » laissent à penser qu’existe bel et bien un être fondamentalement identique à lui-même et qui serait la condition de possibilité de tout changement. Nous notons au passage que notre langue est de part en part traversée par cette conception dominante. Croire au « savoir », n’est-ce pas finalement se faire l’apologiste du mort contre le vivant voué à n’être jamais ce qu’il est ? « La vraie science » prend acte de l’essentielle mobilité du réel. La « fausse » est nécrophile. La seconde cueille une fleur pour mieux l’étudier quand la première n’y touche pas et grandit avec elle. A tout prendre, « la vraie science » choisit de se sacrifier sur l’autel d’un foyer incandescent où l’homme se fait co-opérateur. A la réalité pétrifiée des objets, à la froide pierre volcanique de ce qui serait à connaître, elle préfère la réellité poétique et démiurgique de la forge principielle, autrement dit, la co-naissance considérée dans son sens étymologique. A moins qu’avec Héraclite nous pensions qu’il n’y a qu’une chose qui ne change pas…le changement lui-même, savoir, communément, s’avère utopique, bien que commode. « Que puis-je savoir ? » questionnait Kant deux siècles plus tard; « …que je ne sais rien. » ; docte ignorance (1)Allusion faite au livre de Nicolas de Cues (1401-1464): « La docte ignorance ».
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Michel Onfray répondrait par la négative à cette question. Il ne croit pas en un ailleurs. Tout est ici. Contre ceux qui croient en une transcendance, en une capacité innée de s’extraire de leur mondanité et de poser un acte inconditionné (libre-arbitre), qui ne s’originerait dans aucune pulsion, aucun passé, aucune culture, il choisit l’immanence, ce monde-là, l’homme concret, l’individu (indivisible), le corps, le neuronal et donc…le particulier. Le concept et son universalité ne sont plus alors que l’effet d’un processus physiologique, s’ils existent, ce n’est que dans notre esprit, et les théories essentialistes en tous genres ne renvoient à rien qui serait à chercher derrière ; elles sont de purs fantasmes. Diogène le chien, au IVième siècle, ne disait-il pas déjà : « Je vois bien un cheval, mais je ne vois pas la chevalité. ». © copyrigth pacainfoeco.com 2009
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Pourquoi la possession du pouvoir corromprait-elle inévitablement la raison, cette dernière n’est-elle pas précisément par définition extérieure à toute forme d’influence, à toute espèce d’intérêt ? N’y a-t-on pas recours dans le but d’échapper à toutes sortes de turbulences ? Le sens de l’appareil judiciaire, par exemple, n’est-il pas de garantir la justesse d’une décision en dehors de tout parti pris affectif ou idéologique ? Quid de la citation kantienne dans ce cas ? La possession du pouvoir serait-elle une exception à la règle ? et pourquoi ?
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Mais il s’agit d’Alain et de ce qu’il nous dit ici de l’amour. Il nous parle de richesse, mais de quelle richesse est-il question ? De celle que l’on ne possède pas bien sûr; de celle qui se dessine en creux. Juste un peu plus loin dans la phrase, il précise sa pensée « …je dis sa richesse intime… » Si j’osais, j’ajouterais « extimement intime » en ce que l’amour n’a pas de lieu où se substantifier. Non ! ou plutôt oui ! L’amour nous rend paradoxalement riches d’être pauvres, c’est à dire sans dedans ; il est un pur dehors et nous rend riches de nous arracher aux grimaces d’un ego psycho-rigide : riches de n’être ni identité, ni crispation, mais vent…un vent sur le visage de l’autre. Là encore, pardonnez-moi, me revient une phrase de Sartre cette fois-ci ; une phrase qui ne parle pas de l’amour, mais de la…conscience. Ce qu’il en dit est étrangement semblable à ce que nous pourrions dire de l’amour : « …la conscience est claire comme un grand vent, [qu’]il n’y a plus rien en elle, sauf un mouvement pour se fuir, un glissement hors de soi » Aimer, c’est trouver, sans l’avoir cherché, son salut dans une incessante course vers un ailleurs. Aimer, c’est être ravi, au sens où le « ravi » est bien victime d’un rapt commis par un ravisseur ou bien plutôt par une « ravissante » ou un « ravissant » quel qu’il soit. Reste à se tenir toujours disposé(e)s à l’envol, au départ, au voyage, à la bohème. © copyrigth pacainfoeco.com 2009
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Etrange phrase que celle-ci ! Ça complexité pourrait tenir à sa décontextualisation. Il n’est pas certain que nous ayons suffisamment d’indices pour en saisir le sens, mais le challenge est intéressant. Habituellement, le bonheur est tenu pour être le but de toute action, or s’il n’est pas le but, que peut-il bien être ? Réponse de Claudel : « le moyen de la vie ». Soit, mais le moyen de la vie dans quel but ? Voilà la difficulté ! Un moyen, comme son nom l’indique n’est pas une fin en soi, un moyen est toujours un moyen terme vers autre chose que lui-même, un lieu de passage. Dès lors, le bonheur serait le moyen que la vie utiliserait, mais dans quel but ? Ne nous voilà pas plus avancés. La citation peut s’éclairer si l’on se souvient que le poète est un fervent chrétien, voire, à sa façon, un apologiste du christianisme. « Moyen » en ce qu’il n’est désiré que pour autant qu’il fait pousser des ailes sur le dos des humains, les angélise en leur dispensant un divin parfum et les prépare à l’indicible béatitude, car « Bonheur n’est pas béatitude » ; plus précisément, il pourrait être à la béatitude ce que la lumière est à Dieu...son ombre. © copyrigth pacainfoeco.com 2009
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Malgré ça désinvolture toute anglo-seventiesienne, cette citation donne sur une belle profondeur. Sans doute n’est-elle pas originale en elle-même, mais il est toujours bon de se la rappeler. |
La vie de la vie serait-elle moins agréable que le rêve de la vie ? Entendons par là, le rêve conscient et non le rêve nocturne. A condition que celui-ci ne soit pas un cauchemar, probablement. Sort-on jamais du rêve en effet ? La vie brute existe-t-elle ? Cette vie dont on parle comme d’une référence, d’un repère, et qui serait à chercher en deçà des images que l’on en a, au large de toute représentation, aux antipodes de quelque idée que l’on s’en fait, ne serait-elle pas une chimère, tout comme la mort? Cette vie-acte qui, par le fait même de son activité, ne permettrait aucun recul, aucun espace d’où pourrait dès lors surgir son image. Dans la mesure où, dit-on, nous sommes des êtres conscients, c’est à dire des êtres dont l’un des propres est d’être à distance de ce qu’ils sont ou font, arrachés par essence à l’immédiateté stérile d’une vie infra-représentationnelle, condamnés à la non-coïncidence, au jeu comme il existe entre deux pièces qui ne s’ajustent pas, ne peut-on pas penser qu’ils nous est impossible d’évoluer ailleurs que dans une sphère où l’imagination serait le tout ? Dès lors il n’y aurait pas de différence de nature entre rêver sa vie et la vivre. Plus précisément, la vivre serait encore l’imaginer. © copyrigth pacainfoeco.com 2009 |
Point « d’arrière-monde » pour ce philosophe allemand du 19ième siècle qui écrivit entre autre « L’essence du christianisme ». C’est à ce dernier ouvrage que je me réfèrerai pour commenter succinctement la citation du jour. |
Apprendrait-on plus d’une question que d’une réponse ? D’où nous viennent les questions que l’on se pose ? Pas toutes les questions bien entendu ; il ne s’agit ici que des questions fondamentales, des questions métaphysiques qui sont la marque de notre humanité, le signe du dialogue que nous sommes à même d’établir avec l’Etre. Se pencher sur les questions revient alors à chercher le sens de notre existence dans cette capacité que nous avons à interroger notre condition. Les réponses quant à elles, et quelles qu’elles soient, sont mortifères, pétrifiantes ; elles viennent arrêter un processus où l’homme respire, où l’homme siège dans cette proximité avec le mystère fondamental de son Etre-là. Chercher à comprendre les questions équivaut à situer notre identité radicale (à la racine) dans le questionnement lui-même. L’homme est un pèlerin, « un pèlerin de l’Etre » comme dirait Karl Jaspers (1883-1969). Il erre et doit perpétuer cette errance pour être humain. Les réponses sont dangereuses en ce qu’elles donnent sur des certitudes qu’il ne s’agit plus alors que d’imposer d’une façon ou d’une autre. Confucius, par cette citation, nous invite à l’humilité © copyrigth pacainfoeco.com 2009
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